“Des éphèbes lookés
Gucci livrés à un vampire dans un caveau, un “guitar
hero” pailleté transformant La Cène en podium
de Top of the pop, des skaters dans un “palazzo”, Cédric
Tanguy copie-crée et brouille les pistes entre romantisme
noir, pop culture et reality show. Nouveau kitsch ou nouvelle virtualité...” Olivier
Marro
Qu’en sera t-il au lieu unique ? C’est en cours de création,
en pleine ébullition
Courtesy Aeroplastics Contemporary, Brussels
Courtesy Galerie Sandrine Mons, Nice.
Remerciements particuliers à Christian Berthier, Michel Roc,
Denis Tourrès, Monique Véran pour leur soutien, ainsi
qu’à la DRAC PACA.
Autant que les temps, les eaux sont troubles, malaisé de s’y mirer
pour un Narcisse contemporain qui n’aurait plus le coeur à l’ouvrage
que celui de boire l’eau de cette bourbeuse fontaine tant qu’elle
restera encore potable. Bien triste l’autoportraitiste qui ne voit plus
que les reflets du monde déclinant derrière lui. Le sourire sur
le papier glacé : envolé avec le petit oiseau ! Mais le sourire
il nous le faut, comme le sourire des années folles après la
guerre, avant la crise. Il nous le faut encore aujourd’hui après
la crise, avant la guerre. Ainsi, l’artiste visionnaire, fort pessimiste
quant à la destinée de l’homme, nous convie à un
banquet pour susciter notre gourmandise à vouloir savourer ce qu’il
nous reste à vivre. Et comme le disait Louis Lefèvre-Utile; “pour
susciter la gourmandise, rien de tel que de séduire l’oeil”.
Oui, rien de tel qu’une jolie carte cucul la praline pour nous souhaiter
une bonne fête de fin du monde, et meilleurs voeux pour l’hécatombe
! Que l’on apporte le gâteau du festin, le point final, celui qui
ponctue les rites de passage des saisons, des hommes, des siècles, des
cycles, comme le gâteau d’anniversaire, comme la pièce montée
des mariés, comme LU créant des biscuits en fonction des événements
politiques ou mondains. “Vous prendrez bien une part de pudding Global
Warming pour la kermesse du big collapse ?”
Mais l’heure n’est pas au gâteau ! Faut-il encore
avoir du pain ! Et quand le peuple manque de pain, la révolution
n’est plus très loin. Mais alors “Qu’il
mange de la Brioche !”
Et d’ajouter à ces paroles apocryphes de Marie- Antoinette,
ces mots de Jean Richepin mis à ma sauce :
Si moi Cédric Tanguy était roi souverain “non
content d’assurer à son peuple du pain voudrait en ces
jours miséreux faire sonner l’heure où tous les
petits gueux auraient leurs Petit-Beurre.”
Plus d’émeutes en banlieues, plus d’incompris
jeunes beurs, plus de mutins sans miche et donc plus de flambeurs
! “Pain et cirque” dit César contentant ses Romains
; règle antique pour calmer l’insurgé mort de
faim. J’irai au lieu unique avec mon ticket d’or, avec
mes arts plastiques et ma tête de croque-mort, non pour rendre
les choses de César à César, mais les choses
de LU à LU avec mes lascars. Telle une Charlotte Corday aux
fraises de Quintinie, tranché je finirai sur un mur de galerie,
pour multiplication hérétique des biscuits de la légende
de Tanguy & la biscuiterie.
Cédric Tanguy.
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