Inviter BASSERODE à investir un espace,
c’est s’offrir un voyage vers des frontières incertaines.
Parmi les œuvres présentées à la galerie
VERNEY-CARRON, il y a la maquette de l’œuvre emblématique
qu’est Hubble, réalisée en 2005 ainsi que des
Brouillons de L’Espace présentés dernièrement
au MAM de Saint-Étienne. Hubble est le nom du satellite placé en
orbite de la terre qui nous permet de nous approcher des origines
de l’univers.
Le squelette de baleine envahi par des astres improbables nous plonge
au coeur des réflexions et des questions que nous propose l’artiste.
Qu’en est-il de l’espace si on l’appréhende
du point de vue d’un nomadisme mental ? Comment réactiver
en nous les mécanismes qui éveillent en nous des visions « utopiques » ?
Comment réactiver certains des mécanismes ayant influencé la
pensée et la recherche humaines à travers le temps ?
En effet, Les Brouillons de L’Espace, composés à partir
de photographies de la NASA,, mettent en scène une cartographie
fragmentaire mais « fractale » du Cosmos. Avec ces images,
BASSERODE nous confronte aux limites de notre perception et nous fait
comprendre combien la représentation du réel détermine
la saisie par l’Homme sa « place » dans l’incommensurabilité de
l’Univers.
Au centre de la galerie, c’est le temps lui-même qui sera « incarné » dans
des Toupies (2001). Inscrits sur leur ventre, les trois mots Passé,
Présent, Futur pris dans une circularité instable nous
confrontent à la perte de nos repères.
Les Distorsions (2006-2009) sont des photographies représentant
des arbres passés au crible de calculs effectués par
ordinateur. Elles représentent littéralement l’invisible
processus par lequel lorsque nous voyons une image nous croyons voir
la réalité. En modifiant ainsi la forme d’un objet
jusqu’à en produire une distorsion radicale, ces images
nous font entrer dans les arcanes des connexions infinies qui relient
nos cerveaux au monde.
Jean-Louis Poitevin
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