L’exposition se construit autour de quatre
espaces, trois salles sont dédiées aux présentations
monographiques de Michael Portnoy et David Adamo tandis qu’une
zone de collaboration articule les deux univers. Les artistes qui
se connaissent de longue date réfléchissent ensemble à la
réalisation d’une performance présentée
le soir du vernissage dont la captation sera vidéo-projetée
dans l'espace même de son déroulement.
Sous le titre générique « Untitled The rite of
spring », David Adamo réinterprète un ensemble
de pièces récentes augmenté de nouvelles productions.
Des sculptures imposantes se mêlent à de petits éléments
disparates qui agissent comme autant d'indices à la construction
d'un univers à la fois abstrait, complexe et d'une grande poésie.
Michael Portnoy choisit d'une part de rassembler pour la première
fois l'ensemble de ses tables de jeux et d'autre part de réactiver
son récent projet The Dudion Levers présenté récemment à la
Martos Gallery à NY sur une proposition curatoriale de Nadja
Romain. Il s'agit d'une translation de l'univers de Boris Vian en collaboration
avec un chercheur fictif expert en synthétiseur dans les années
70. Des vitrines contiennent de mystérieux objets rehaussés
de nacre et un mobilier extravagant sert d'instrument de musique.
David Adamo
David Adamo est né en 1979, il vit et travaille à New
York. Sa pratique comprend la performance, la sculpture et l’installation.
A partir d’objets hétéroclites empreints de poésie
et d’absurdité, il crée des ensembles énigmatiques
qui jouent des paradoxes et des oppositions de symboles et/ou de
matière. Il manipule des outils potentiellement dangereux
qu’il fragilise ou utilise à contre-emploi. Ces gestes
propres à la sculpture, soustraction de matière, agencement
d’objets, équilibres précaires, infléchissent
l’utilisation des objets choisis, contrarient leur destination
première, les invalident : haches ou masses dont le manche,
taillé jusqu’au point de rupture devient d’une
fragilité qui en empêche toute utilisation. Il opère
par mise en tension des fonctions intrinsèques, usuelles et
symboliques de l’objet même. Son emploi de battes de
baseball comme motifs ou matériaux de construction constitue
un autre exemple de cette démarche. Parfaitement alignées,
emboîtées ou en quinconce, elles deviennent mur, sol
ou parquet. Pour ses performances, il construit des situations absurdes
et réalise des actions loufoques à la fois éloquentes
et peu spectaculaires qui laissent une grande part d’interprétation
au spectateur. En 2007 à Reykjavik, il proposait une parade
invisible, deux motards ouvraient la voie puis deux autres fermaient
le cortège quelque cent mètres plus loin, entre les
deux : rien. On a pu le voir également allongé, immobile
sur un parapet, un ballon gonflé à l’hélium
ficelé autour de la taille, comme s’il était
soutenu, tenu en équilibre par ce petit ballon rouge.
Michael Portnoy
Michael Portnoy est né en 1971 à Washington, il vit
et travaille à New York. Chorégraphe, danseur, acteur,
il n’hésite pas à se qualifier de director of
behavior, coach d’attitude, et a fait de l’entertainment
un art. Il est reconnu pour ses performances très habitées,
chorégraphiées ou dansées. Sa première
apparition médiatique est très remarquée puisqu’elle
se déroule à la télévision à une
heure de forte audience. Alors qu’il est engagé avec
d’autres pour danser sagement derrière Bob Dylan pour
la cérémonie des Grammy Awards, il abandonne la chorégraphie
prescrite par l’émission, ôte sa chemise et danse
pendant près d’une minute, les yeux clos, en transe à côté de
la star folk. On peut lire sur son torse, “ soy bomb ”,
hymne intraduisible à l’explosion artistique. Il était également
auteur et acteur du projet Concrete Castle, en 2005 au Confort Moderne,
avec Rita Ackermann et les Disciple Films notamment, dont il a également
signé la bande-son. Depuis deux ans, des objets s’émancipent
de ses performances pour devenir d’étranges sculptures
baroques et sophistiquées.
Que ce soit au travers des arts de la scène ou de la sculpture
ou tout cela à la fois, Michael Portnoy interroge les notions
de transmission, d’échanges sociaux, les règles
de communication et de jeux. Les oeuvres récentes rendent
plus explicites ses champs d’investigation. Ses tables de jeu,
avec ses règlements et ses chemins à suivre construisent
un ensemble aux logiques incohérentes, une expérience
de communication expérimentale, un rapport à l’oeuvre
ouvert et sans a priori. Objets étranges, chacune des tables
est unique tant dans ses matériaux, sa forme que dans les
principes auxquels elle obéit. Le Confort Moderne accueille
pour sa première exposition personnelle en France ce “ maître
de cérémonie ” provoquant et imprévisible.
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