François
Morellet «Deep dark Light blue and neons by Accident»
Kamel Mennour est heureux de présenter la première
exposition
personnelle de François Morellet à la galerie.
Figure majeure de l’art de ces cinquante – bientôt
soixante– dernières années, François Morellet est l’un
des principaux
représentants du renouveau de l’abstraction géométrique
de la
deuxième moitié du vingtième siècle.
S’inscrivant dans la continuité de l’art concret – il découvre l’oeuvre
de Max Bill lors d’un voyage en
Amérique du Sud en 1950-1951 – ses recherches ont su
corollairement s’imprégner des éléments
ornementaux de
l’Alhambra de Grenade où il se rend en 1952. Ce double
héritage
favorisera la mise en place d’une syntaxe dite «systématique» que
l’artiste va décliner inlassablement en s’appuyant
sur une multiplicité de matériaux et procédures. Celles-ci témoigneront
d’innombrables
revivifications mais aussi de remises en question des principes
théoriques échafaudés par l’artiste dans
les années 1950, notamment
dans le cadre du G.R.A.V. (Groupe de recherche d’art visuel).
En
effet, l’artiste ne cessera au fur et à mesure de sa
trajectoire de se
désolidariser de ce cadre restrictif pour s’attacher
avec intuition et
un sens aigu de (l’auto-)dérision à en renouveler
les bases. Parmi ses
matériaux de prédilection figure la lumière,
introduite en 1963 par le
biais d’ampoules électriques puis de néons. Malléables,
ces derniers é
pouseront un large éventail de constellations géométriques,
se
situant en cela formellement dans la continuité de ses réalisations
picturales. Le recours à des horizontales et verticales, diagonales
et
courbes alimente ainsi depuis plusieurs décennies un répertoire
de
formes familier que l’artiste dilate et renégocie à des
fins souvent
imprévisibles. Ces vingt-cinq dernières années,
l’oeuvre de François
Morellet s’est remarquablement débridée, suspendant
l’ascétisme
souvent en trompe-l’oeil de ses périodes de jeunesse.
Au puritanisme
d’antan succède ainsi depuis le début des années
1980 une série de «
débordements» comme si l’artiste ressentait le
besoin après une
période de rétention, infléchie toutefois par
quelques écarts, de
libérer le «corps» de son travail.
Les oeuvres présentées à la galerie Kamel Mennour
sont
emblématiques de cette libération. Les Deep dark, Light
blue
exposées au 47, rue Saint André des Arts associent
néons et
peintures dans une mise en correspondance entre ces deux
matériaux régulièrement confrontés par
l’artiste. Quant aux Neons by
accident (2003) installés au 60, rue de Mazarine, ils cherchent à é
tablir un dialogue avec leur enveloppe architecturale. Autant de
possibilités reflétant le caractère inépuisable
de ses «lumineuses» recherches menées depuis le début des années
1960.
Né en 1926 à Cholet, François Morellet vit et
travaille à Cholet et à Paris. Internationalement
reconnu depuis les années
1970 et auteur
de nombreuses commandes privées et publiques en France comme à l’étranger,
il a exposé au Centre Georges Pompidou,
au Musée
d’Orsay, à la Galerie nationale du Jeu de Paume, au
Musée d’art
moderne de la Ville de Paris, au Musée d’art contemporain
de
Strasbourg, au Consortium de Dijon, au Palais des Beaux-arts de
Bruxelles, au S.M.A.K de Gand, au Musée d’art contemporain
de
Genève, à la Documenta de Kassel, à la Neue
Nationalgalerie à Berlin, à
la Staatliche Kunsthalle de Baden-Baden, au Musée d’art
moderne
d’Oxford, au Brooklyn Museum à New York, au Center for
the Fine
Arts à Miami, ainsi qu’au MoMA de New York.
Une intégration pérenne de François Morellet
sera par ailleurs
réalisée dans l’escalier Lefuel au Musée
du Louvre fin 2009 |