Thomas Grünfeld exposition “Salon II” felts
and furniture.
Si l’on se souvient des “Misfits” ces fabuleuses
taxidermies situées entre le réel et l’imaginaire,
présentées lors de sa première exposition à la
galerie, pour sa troisième exposition personnelle chez Jousse
Entreprise, Thomas Grunfeld nous invite dans son “ Salon“ qui
n’est pas sans rappeler le livre culte de Huysmans “ A
rebours “ auquel il aime faire référence pour
expliquer le propos de son installation. Dans ce roman, le personnage
décadent qu’est Des Esseintes, homme riche, ayant connu
tous les états de la luxure, décide de s’isoler
du monde pour recréer un univers factice dans sa propre demeure
afin de le contempler à loisir... Il crée ainsi un
nouvel espace qui lui permet d’élaborer des réflexions
sur les arts (pictural, littéraire, culinaire entre autres)
qu’il tire de ses contemplations et de ses hallucinations qui
le dévorent. Toujours d’une très grande finesse
elles lui permettent de voir clairement les liens qui unissent les
différents arts. Ici, Thomas Grünfeld unit le mobilier
d’architectes des années 50 ( les meubles de Michel
Boyer, Le Corbusier, Pierre Jeanneret, Mathieu Matégot, Serge
Mouille, Charlotte Perriand, Jean Prouvé et Jean Royère),
qu’il affectionne depuis toujours, avec ses “Feutres/
Felts”. Si dans “ A rebours” les mots se transforment
en un festival de couleurs, d’effets de lumière, de
sonorités et bruitages, de textures, ... ici se sont ces collages
de tissus qui prennent le relais. Ce ne sont plus des tapisseries
mais des peintures faussement ingénues qu’auraient réalisé la
propriétaire de cette demeure idéale, illustrant un
dilemme caractéristiquede Thomas Grünfeld, entre défiance
et désir de la représentation. Il est évident
que le choix du feutre comme matériau n’est pas neutre,
avec
son cortège de référents artistiques prestigieux
(Beuys, Morris…).
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