Michel
ALEXIS
Dominique ANGEL
Jérémy LAFFON
Jérémy LIRON
Joël RIFF
Eric RONDEPIERRE
Michaële-Andréa SCHATT
Wilson TROUVE
TRACÉS
Tracés, lignes, contours... dessins et desseins, de Michel Alexis,
Dominique Angel, Jérémy Laffon, Jérémy
Liron, Joël Riff, Eric Rondepierre, Michaële-Andréa
Schatt et Wilson Trouvé.
Le dessin est autant ordre
de la volonté de la détermination
et du désir que de celui de la trace, de la ligne et du trait.
C'est ce geste incisif qui guidera la lecture des œuvres présentées,
indépendantes et témoignant cependant toutes d'une
volonté d'enregistrer par la trace ce qui aurait pu ne jamais
exister. Extraire un visage de l'obscurité photographique.
Faire surgir un projet d'une surface de papier. Recueillir des " paysages " sur
un matériau des plus communs... Le dessin, quelque soit le
médium par lequel il apparaît, porte en sa pratique
cette part d'irréductible. Griffer l'obscurité pour
envisager une image ou marquer le papier pour formaliser une idée,
c'est toujours certifier par l'ajout ou le retrait de matière
d'un appétit volontaire à signifier par sa trace une
existence.
Pour Michel Alexis la
surface de la toile, du papier pourrait être
celle d'une sorte de cahier géant, sur lesquels il noterait
au quotidien ses humeurs, ses émotions, traçant des
lignes d'un geste ample, signes, incisions, rassemblant des fragments,
restituant ainsi les bribes d'un alphabet, de mots qu'il essaie d'assembler
en phrases, en " Epigrammes ".
Les dessins de Dominique
Angel sont les dessins préparatoires
d'une oeuvre unique à laquelle il travaille dorénavant
et qu'il intitule " Pièce supplémentaire ",
les " pièces manquantes " dans chacun des moyens
d'expression qu'il utilise, sculpture, installation, photographie,
vidéo, écriture.
Conçue en Chine, l'installation murale de Jérémy
Laffon, Plantations de Paysages (Chinoiseries) prend son origine
dans le désir de l'artiste de s'approprier la pratique de
l'encre, fortement présente dans la culture chinoise. Ainsi,
encre et papier (gobelets en carton) sont ici seuls matériaux
et porte en soi le principe d'une expérience acquise par patience
et répétition, comme le reflet d'une certaine idée
de la maîtrise. Évoluant selon un certain rythme de
production, le processus offre une infinité de rendus possibles
sans qu'aucun de ces " paysages " ne soit jamais identique à l'autre.
Jérémy Liron observe le paysage et ses ruptures, celles
de l'architecture : Il se pourrait qu'un immeuble ne soit qu'un point
culminant dans notre pratique des périphéries, maintenu
dans le mouvement et le bruit par la dimension, la disposition spéciale,
l'évidence essentielle de sa silhouette.
Joël Riff : 250 expositions par mois. Voilà la fréquence
qui conditionne le quotidien d'un regardeur qui tient à donner
forme à l'art d'être spectateur. Au travers de différentes
propositions, de la chronique journalistique aux installations artistiques,
l'engagement défendu est celui d'une opiniâtre curiosité.
Les " Doubliners " d'Eric Rondepierre, sont une série
de croquis rapides réalisés d'après les photos
de Dublinois prises dans la rue de la capitale irlandaise. Ces dessins
sont ensuite photographiés, inversés en négatif,
mixés avec une image couleur divisée en deux. C'est
un travail qui essaie d'articuler la "mécanique " de
la reproduction (d'où le titre emprunté à Joyce,
légèrement infléchi) et la spontanéité du
geste.
Michaële-Andréa Schatt poursuit avec "Les Vagabondes ",
suite de peintures (laque blanche et encre de chine) réalisées
sur des macules d'imprimerie, sa recherche sur le vêtement
comme seconde peau, comme représentation de la trace évanouie
des corps où le vêtement ici, est tour à tour
corset ou " enveloppe-mue-dépouille ".
Chez Wilson Trouvé, tout se passe donc comme si le pouvoir
de la matière à se répandre, déborder,
couler, s'infiltrer, devait être tenu, discipliné par
le jeu des lignes droites, ou... que de la discipline imposée
devait jaillir la violence contenue. Les oeuvres de Wilson Trouvé désignent
obstinément à notre regard des zones de débordement
et d'excès. Les lignes dégoulinent, bavent. La régularité qui
de loin était si nette, est trouée, devient laiteuse,
liquoreuse, spongieuse, crémeuse, huileuse...
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