Jacques Villeglé a très vite présagé que
l’affiche déchirée transformait les murs des
villes en un écran animé de signes, d’images,
de couleurs
renouvelé en permanence et dont le spectacle, toujours surprenant,
pouvait devenir la matière d’une oeuvre complète
et généreuse.
Le personnage du Lacéré anonyme lui permet alors de consolider
sa
position et d’affirmer que son activité personnelle doit
se bornerà sélectionner les affiches au gré de ses intentions ou
des circonstances, à choisir leur format et décider de
leur cadrage.
«
Jacques Villeglé présentera ses affiches d’après
le Lacéré anonyme » : tels sont les mots figurant
sur le carton imprimé de sa première exposition personnelle.
Cette invention du Lacéré anonyme n’est pas la
négation de l’auteur ; elle est au contraire l’invention
d’un auteur qui nourrit l’ambition de réaliser une
oeuvre digne de la « Comédie humaine », - à savoir
une « comédie urbaine » grouillant de caractères
de toutes sortes.
Le « Catalogue Raisonné » de l’artiste, qui
atteint plusieurs milliers
d’oeuvres toutes dissemblables, forme aujourd’hui un corpus
qui le place parmi les peintres les plus imaginatifs de l’histoire
récente.*
En présentant aujourd’hui la série des « Petits
Formats », c’est cette pluralité que nous souhaitons mettre à l’honneur, découvrant
plus de cinq décennies de création au travers d’une
sélection de petits chefs d’oeuvres n’excédant
pas vingt centimètres de côté.... Un « mini » clin
d’oeil à la magnifique rétrospective de l’artiste
qui vient de se terminer au Centre Pompidou.
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