Jean-Pierre Giovanelli était déjà dans
les années soixante-dix exposant et théoricien du Collectif
d’Art Sociologique, et aussi de l’Esthétique de
la Communication. Artiste de l’ordre « substantiel »,
selon Paul Virilio et, comme le dit Jean-Paul Thenot, oeuvrant à une
ontologie du virtuel – J-P Giovanelli, architecte, expose une
vidéo-installation. L’œuvre multimédia,
Carmina Sensus, Eclatement du Sens Commun, sollicitant le plaisir
sensoriel d’une caresse sur une fourrure de renard rousse posée
sur un corps nu de femme, ne fait que frustrer l’attente érotique
de l’observateur, à l’inverse d’une simple
fiction numérique. La bande sonore, la sensualité de
la peau, le voile aisément mobile et défleuri du boa
mû par le vent, évoquent un corps présent seulement
en tant que simulacre fonctionnant comme une forte métaphore
des fantasmes (ou fantômes ?) de l’écran. Fondée
sur le couple sentir/penser, l’œuvre de l’artiste
français est en conséquence une notion de matérialité – qui
ne se réduit pas à une simple matérialisation
sur le plan du conceptuel/virtuel – et trouve sa modalité communicative à travers
l’aisthesis et le pathos. Devant les surfeurs sur le spectacle
il y a le monde, plus réel que le monde réel, de ceux
qui subissent la violence – et pense Jean Pierre Giovanelli – trop
de violence pour dire que le monde n’est pas réel. Il
faut maintenant commencer à respecter la plus haute des machines
technologiques : le corps humain, retranché dans sa peau.
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