Damien Sorrentino Florentz est
né en 1974,
il vit et travaille à Monaco.
La démarche de Damien Sorrentino Florentz, « artiste-chercheur »,
se compose de ramifications diverses et se nourrit de différents
champs d’actions, tels que la science, la géopolitique,
la cartographie. L’artiste questionne notre humanité et
les territoires qui la traversent. Ses pièces donnent à voir
une diversité d’univers et d’imaginaires. Toutes
interrogent le vivant, l’humain, dans une période où les
certitudes vacillent. L’homme se retrouve face à l’absurde, évoluant
dans un monde paradoxal.
A l’occasion de son exposition à la galerie Bertrand
Grimont, Damien Sorrentino Florentz propose quelques-unes de ses « balises » ;
une vision du monde tel qu’il le perçoit. Il recompose
son propre paysage à travers une collecte non exhaustive de
prises de vue. Cet ensemble rhizomique dialogue avec une installation
sonore. La pièce Migrator A propose une interprétation
visuelle d’un paysage sonore en constante évolution. « Le
son est un art temporel et spatial, explique l’artiste. Le
son est une matière invisible mais effective sur l’esprit
et le corps. Il est un milieu dans le milieu. Mais malgré son
immatérialité, il a besoin d’un support pour
exister, qu’il soit gazeux, solide, ou liquide, il a besoin
de s’incarner, de devenir donc plastique. » Notre regard
est hypnotisé par le flux inépuisable d’une partition
numérique et spectrale s’auto-générant à l’infini
: l’homme ne contrôle plus les outils de transformation
du monde qu’il a créés.
Ses oeuvres mettent en tension des éléments à priori
en opposition pour nous dévoiler au final leurs liens plus
subtils. Elles cartographient des territoires devenus à la
fois « mémoires du passé » et « lieux
d’attente ». Le temps est suspendu, comme pour manifester
les errances de l’humanité, en témoigne l’image
du cimetière. La trace de l’homme demeure pourtant,
malgré son absence physique.
Les objets prélevés par l’artiste sont insaisissables
de par leur statut ambivalent ; c’est ce travail de l’équivoque
qui crée le poétique. L’artiste observe les phénomènes
naturels et les confronte à la perception humaine. Ainsi le
volume de neige très sculptural de Congères devient
relief ; l’image s’incarne, devenant elle-même
sculpture. DSF manipule habilement les jeux d’échelle
: l’alternance de mondes micros et macros nous ébranle,
questionnant notre place au sein de l’univers sous une forme
sérieuse entremélée d’humour et de dérision.
|