La
galerie Baudoin Lebon a le plaisir de présenter
pour la première fois les œuvres de CharlElie Couture.
L’artiste s’est inspiré de New York,
ville dans laquelle il s’est installé en 2004 et qu’il
a photographiée. Les photographies sont tirées sur bâches,
support sur lequel
il a ensuite dessiné tels des graffitis, écritures et
signes clandestins s’appropriant les lieux publics.
A cette occasion, signature du livre « New York by Charlelie » aux éditions
du Chêne (192 pages, 150 illustrations, 39,90 €).
J’aime la lumière.
J’aime la lumière à New York, quand le vent de l’Océan
a nettoyé les microparticules de la pollution, quand le ciel
est très haut et que les
formes sont précises comme des traits d’écriture.
Pendant des années j’avais cherché comment mêler
la photographie, image RE-produite, et la peinture, image produite.
La photo incarne
la « Vérité objective », une vision du
réel, captée dans le prisme de l’objectif. L’Art
est la mise en forme d’une réalité intérieure.
Traduit en dessin, en peinture, ou de quelque forme que ce soit,
l’Art est la matérialisation d’un imaginaire subjectif.
L’Art est une révélation.
Dans le bain de révélateur argentique, la photo faisait
apparaître une image qui existait ; la peinture fait apparaître
des images qui n’existent pas.
J’avais
donc, longtemps cherché comment passer de l’un à l’autre.
Comment révéler mes images photographiques, comment
les « customiser » pour en faire des oeuvres
uniques. Comment les utiliser, ou les intégrer
dans des images créées à partir d’une émotion
(...)
Après mon installation à New York, à l’occasion
d’une manifestation parallèle au Miami ArtBasel 2004,
j’ai emporté des toiles roulées. L’idée
du
support souple est venue de là. Plus tard j’ai travaillé sur
des bâches récupérées dans la rue. J’aimais
ce support, et j’ai décidé de faire
tirer quelques images sur vinyle.
L’une d’entre elles était installée au
mur de mon atelier dans le Garment district, midtown Manhattan. Un
jour gêné d’y voir comme une obsession
un élément inutile, j’ai décidé de
recouvrir celui-ci une fois pour toutes. Et puis j’ai continué sur
ma lancée. Et je me suis mis à faire d’autres
traits, à dessiner d’autres formes et grafs sur la photo.
Je trouvais que c’était plus intéressant avec
l’apparition de ces écritures qui donnaientà la photo un autre sens.
J’avais trouvé ce que je cherchais. Ce n’était
plus la photo qui s’invitait au milieu d’une autre image,
(comme dans les collages) mais plutôt l’inverse :
l’apparition d’un irréel imaginaire, au milieu
de la réalité New Yorkaise photographiée.
Il ne s’agissait plus d’une photo en tant que telle,
mais l’image du réel devenait le support d’une
rêverie libérée, Comme des poèmes en écriture
automatiques....
Comme une musique qui se fait entendre.
CharlElie, New York, Janvier 2009.
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