Empruntant
des médiums multiples, les œuvres
de Ghislaine Vappereau ont pourtant toutes un point commun : un ou
plusieurs éléments empruntés à l’univers
de la cuisine (du mobilier le plus souvent), soit représentés
de manière plus ou moins réaliste, soit matériellement
présents dans l’œuvre.
Le point de départ de cette démarche se situe en 1976,
lorsque l’artiste découvre et récupère
une vieille casserole émaillée. Dès lors, elle
n’aura de cesse de développer ce qu’elle nomme « le
sentiment de cuisine ».
Ce n’est pas un art de l’assemblage, ni du déchet.
A ce titre, la démarche de Ghislaine Vappereau se distingue
de celle des Nouveaux réalistes. Les objets de rebut représentent
le réel et la multitude des formes que l’on peut en
extraire. Dépossédés de leur valeur d’usage,
manipulés, décortiqués et recomposés
par l’artiste, les objets révèlent les relations étroites
que le réel entretient avec l’abstraction, créent
une nouvelle perception de l’espace.
Des sérigraphies retravaillées au pastel, des linogravures
sur papier, des bas-reliefs, des sculptures : les œuvres acquises
par le Frac Picardie témoignent tour à tour d’un
questionnement sur la perspective, la profondeur et la planéité,
la lumière et sa projection, pour approcher l’être
secret de ces objets. « J’essaie, dit Ghislaine Vappereau,
en manipulant leurs formes, de leur extraire ce secret. »
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