Une
proposition de Stéphane Calais
Avec Julien Carreyn, Isabelle Cornaro, Antoine Marquis, Aurélie
Salavert et la participation de Silvia Bächli, Guillaume Dégé,
Simona Denicolai & Ivo Provoost, Roland Flexner, Gildas Le Reste,
Alain Séchas.
« A force de marcher dans les zones de l'incertitude...à force
de dialoguer avec la métaphore et la théorie... à force
de rester à part... nous avons accumulé aujourd'hui une
certaine expérience, nous sommes devenus de bons explorateurs.
Sans doute savons-nous naviguer sur des fleuves dangereux, pénétrer
dans des jungles que personne n'a jamais parcourues. Inutiles de nous
agiter. Nous pouvons avancer enfin d'un pas léger, le pire est
passé »
Ettore Sottsass jr.
A l'occasion du salon du dessin contemporain, la Fondation d'entreprise
Ricard a invité l'artiste Stéphane Calais à concevoir
une exposition sur le dessin.
« Je me suis trompé.
J'ai cru que le dessin pouvait à un moment ou un autre devenir
autre. Passer d'un pur moment adolescent ou enfantin vers un âge
adulte où sa structure propre, c'est à dire sa légèreté,
maniabilité etc... pourrait rencontrer face à face
l'Histoire qui le contenait et l'entourait. C'est impossible. Car
sa nature n'est en aucun cas lié à l'Histoire, c'est à dire
l'officiel, le nom des pouvoirs, le filtre enfin1... Bien sûr
le dessin est partout, il fait vendre du Mickey ou Super Mario depuis
des dizaines d'années, il peut être le plus gros chiffre
d'exportation audiovisuel français avec les séries
animées, il est le design, l'art appliqué, l'architecture,
etc... Le dessin est partout. Mais il n'est en rien un Art mature
car il est, force est de le constater, singulier. En cela il ne peut "vieillir" car
chaque pousse ne donne en rien une espèce mais un cas endémique.
Il ne peut croître hors de la biosphère particulière
qui l'a vu naître et même si d'une biosphère à l'autre
on s'observe et se copie parfois avec gourmandise chaque singularité croit
par ses propres ressources. L'auteur donc est primordial il se trouve être
source, base et finalité. Notre auteur, donc, offre aussi
bien l'expédition que ses résultats2.
Ainsi le choix de Aurélie Salavert, Isabelle Cornaro, Julien
Carreyn et Antoine Marquis semblait de l'ordre de l'évidence,
ces quatre artistes ouvrent un univers précis au quadrillage évolutif
tant la biosphère qu'ils ont chacun mis en place semble riche.
La confrontation, la suite de leurs univers mis côte à côte,
visible d'un point de vue à l'autre, alimente une autre façon
de voir par la singularité même des mondes mis en œuvre.
Les participations de Silvia Bächli, Alain Séchas, Roland
Flexner, Gildas Le Reste, Simona Denicolai & Ivo Provoost et
Guillaume Dégé étaient indispensables à cette
exposition tant les décisions prises dans chacun de ces travaux
sont fortes et singulières. Cette réunion de plusieurs
générations et styles éclaire la singularité transhistorique
du dessin, comme qualité rejouée chaque fois en différents
endroits, différents moments par différents artistes. »
Stéphane Calais
NOTES
1 : Bien sûr nous pouvons faire une Histoire du dessin, de
ses trouvailles, inventions, évolutions et aboutissements,
etc. mais l'explosion des arts mineurs du 19ème et 20ème
a remis cette histoire en jeu et cause.
2 : Lewis et Clark cartographiant les futurs États-Unis tout
en traçant par leur expédition, à travers l'inconnu
d'alors, l'un des premiers fils rouge de l'identité d'un mythe
et d'une réalité : l'Amérique.
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