Lors de son exposition dans cette
galerie niçoise
en Mai 2007, Ivano Sossella avait quelque peu surpris avec une oauvre
composée de pots de fleurs en équilibre sur des petites étagères,
susceptibles de tomber à tout instant. Il nous présentait
les murs intérieurs d'une maison, habituellement dévoués à l'accrochage
de tableaux, vides de toute œuvre d'art. Seule la marque de
leur absence demeurait, comme lorsqu'on décroche un tableau
après des années. Cette absence évoquait une
dimension de l'art qui trouve présence et réalité dans
la dissipation extrême de son être reconnaissable.
Sossella avait aussi créé une œuvre au mur avec
des livres, pris au hasard, tous ouverts à la page 15...
Mais avec ce quadra italien, il y a-t-il vraiment un hasard ?
A la fin des années 80, précisement en 1987, une créativité nouvelle
s'est développé dans le milieu artistique italien.
Abandonnant à la fois la politisation et les systèmes
idéologiques absolutistes, elle s'est propagée à travers
des méthodologies individuelles qui se vérifient de
temps à autre, selon des modes opératoires variables
et instables. L'art peut donc s'étendre vers plusieurs langages
ce qui met en cause le métier même de l'artiste et atteint
son coté opposé, plus ironique, plus lyrique. Les deux
milieux recherchent, dans une atmosphère tendue, les relations
et les rapports entre la réalité et la fiction, entre
le corps et l'âme individuelle et sociale.
Pour Ivano Sossella, autant que pour Luca Vitone,
Cesare Viel, Tommaso Tozzi et Filippo Falaguasta qui en 1987 s'unirent
dans un mouvement
nommé Arte(Dissipazione), c'est bien l'absence du tissu narratif
qui manque parce que leur travail naquit comme « une recherche
au-delà de l'objet et de l'art même ».
Sossella affirme : « les Conceptuels avaient une vérité,
pas nous ! L'art est un acte insensé et distributif, une correction
constante du sens proposé et exhibé. C'est surtout
une tentation suspecte ». On a parlé, à propos
de cet artiste, de « Dissipation de l'objet exposé ».
L'œuvre, comme agglomérat d'actions et de significations,
se révèle dans son instant maximum de dispersion.
Dans son premier projet (2005) à la Galerie Depardieu à Nice,
Ivano Sossella avait pris possession de l'espace tout-entier avec
des dessins à thème fixe sur les murs. La présence
obsessionnelle d'images de billets de banque affirmait la finalité de
l'art à devenir de plus en plus un objet d'investissement
financier et une source de gain rapide, elle éclairait aussi
la pulsion inconsciente vers la possession, presque un désir érotique
qui satisferait tout individu. Que nous réserve-t-il avec
cette troisième exposition qui s'intitule « Penultimo
Progetto », est-il besoin de le traduire ? |