Jean-Philippe Robert Geenen dit
Jean Raine naît à Schaerbeek
le 24 janvier 1927 de Romaine Delhaye et Louis Geenen.
Il participa en tant que poète et cinéaste à l’aventure
du groupe COBRA.
Très intéressé par le surréalisme, il avait, à Bruxelles,
rencontré René Magritte.
Dès son arrivée à Paris, il rend visite à André Breton
qui lui fait connaître le Docteur Pierre Mabille avec lequel
il réalisa son premier film documentaire sur Le Test du Village.
Alors que toute sa vie Jean Raine écrivit poèmes et textes,
les mots peu à peu lui semblent insuffisants et il commence à dessiner
puis à peindre.
En 1962 son ami Marcel Broodthaers le présente à Philippe
Toussaint, propriétaire de la Galerie Saint Laurent à Bruxelles
où il exposera pour la première fois, préfacé par
Marcel Lecomte. À Paris, Pierre Alechinsky l’introduit
auprès de la Galerie du Ranelagh où il expose en 1964,
exposition préfacée par Christiane Rochefort.
Il y expose dans les universités de Berkeley et Stanford, ainsi
que dans des galeries de San Francisco et Los Angeles.
À
partir de 1968 Jean Raine s’installe définitivement à Lyon
où enseigne son épouse. Depuis 1970, attiré à Calice
Ligure par Théodore Koenig un ami de longue date, il séjournera
tous les étés en Italie où il aura de nombreuses
expositions. Depuis sa mort en 1986 de très nombreuses manifestations
ont eu lieu dans des musées et centres d’art.
En 2006 une exposition de ses très grands formats a eu lieu
au Musée d’Art Moderne d’Ostende (PMMK).
Ses œuvres se trouvent dans de très nombreux musées
et collections particulières.
« …
Cinéaste, poète et peintre, mêlé au surréalisme
et à Cobra, Jean Raine fut le familier des plus grands esprits.
Il est évident que, dans les turbulences de ce siècle,
il a démontré « un très sûr
discernement des enjeux de sa génération »,
comme l’a remarqué Bernard Lamarche-Vadel. Mais son
imaginaire, son matérialisme, sa narquoise (les titres qu’il
confère après coup à ses délires refroidis
en témoignent. « Il pose sur l’œuvre
achevée le regard du rire », dit Bertrand Puvis
de Chavannes), son angoisse lucide, ses jeux de masques – aveux
désavoués sous le pavillon du sarcasme -, son empoignade
avec la mort, ses dégoûts véhéments et
ses hantises ricanantes relèvent, après tout, de la
pratique d’un dadaïsme original. Un essayiste de la provocation
jusqu’à la liquidation physique du provocateur !
Etre le médiateur entre ce que l’être humain conserve
de plus archaïque, « la bête »,
et « l’être évolué »,
tel est le rôle qu’assigne Jean Raine à l’artiste
qui doit, « par tous les moyens », « être
autre que les autres ». … »
Publié dans le catalogue de l’exposition Jean Raine,
rétrospective 1944-1986, Saint-Priest, Centre d’art
contemporain, février - avril 1988
"
Jean Raine a osé l'exception.
La turgescence incandescente du monde allant fouiller dans les formes
et les couleurs cette intime qui nous ressemble.
Quelque chose qui se tord, qui souffre, à vif, sans arriver à se
détendre tant la tension reste inépuisable.
Un sourire ironique sur cette danse secrète essaye de s'extraire
de la mélancolie.
Il reste ainsi toujours à la limite de différents univers
qu'il s'amuse à nous laisser seulement entrevoir.
Sa confidence reste violente et mystérieuse.
Un Cobra qui ose faire ressurgir les monstres." Jean Paul Chartier
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