La seconde exposition personnelle
de Jérémy
Liron à la galerie, nous invite à découvrir
ses paysages, aperçus instantanés d’une étrange
urbanité, témoignages d’un univers mélancolique,
entre projection mentale et réflexion sur le visible. Avec
cette nouvelle série Hôtel de la Mer - peintures, photographies,
sculptures et vidéo, Jérémy Liron aborde les
paysages balnéaires, en écho à ceux de son enfance.
Dans
les toiles de Jérémy Liron, nous découvrons
des immeubles, des villas aux architectures anguleuses, rectilignes,
mais aussi leurs fondations, les murets, les terrasses, qui
découpent un ciel et les stores semblables à des « petits
pans de murs bleus » sur des façades blanches écrasées
par le soleil ; il peint l’intrusion des éléments
architecturaux qui font irruption dans des paysages où la
végétation est placée au premier plan de chacune
ses toiles. Jérémy Liron renoue avec la tradition picturale
classique de Vermeer, Rembrandt, Balthus, Morandi et de Hopper, mais
la nouveauté de son travail réside dans le choix des
motifs, des compositions, des angles de vue et des cadrages de ses
architectures modernistes. Tel un photographe, il retrace inlassablement
le parcours de ces étendues déshumanisées sans
caractéristiques esthétiques dominantes.
Liron entretient ainsi un rapport distancié avec ces espaces épurés,
aux géométries sous-jacentes.
Une distance qu’il matérialise par l’utilisation
systématique de plexiglas ou de verre, une vitre entre le
paysage et le spectateur. Jérémy Liron questionne ainsi
notre rapport au monde, un monde qu’il nous invite re-découvrir,
dans sa banalité et son authenticité.
« Ces formes blanches dont les volumes émergent à travers
quelques pins ne sont qu’un peu d’utopie, de désir,
la revendication d’un rêve. Comme au cinéma la
durée d’un plan.
C’est la manière d’une mythologie, sa façon
d’être présente non pas comme discours mais comme
silence, comme matière. A chaque fois pour moi ainsi renouvelée
l’expression d’une possibilité, c’est-à-dire
le réel advenu qui glisse en image vers le passé. Ne
passe-t-on pas la majeure partie de son temps à inventer par
petites parcelles les souvenirs exacts de ce qui ne cesse de continuellement
nous échapper ».
Jérémy
Liron, 2007.
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