Il y a vingt ans, Cécile Bart a mis au
point ses premières « peintures/écrans » :
un tissu peint de telle façon que le support conserve une
relative transparence. Un tableau qui laisse voir l’espace
environnant perd logiquement la seule place qui lui était
assignée, le mur, et en conquiert beaucoup d’autres
; il se trouve alors confronté à la lumière
du lieu qui l’accueille, à son ambiance mais aussi et
surtout au regard du spectateur. En se faisant le lieu des jeux changeants
de la transparence et de l’opacité, du cadrage et de
la profondeur de champ, un tel tableau désigne le rôle
constitutif de ce regard sans lequel il demeurerait inachevé.
... Le spectateur que suggèrent les œuvres de Cécile
Bart n’est pas le spectateur statique et passif de la scène.
Il est un corps et un esprit en mouvement, qui appréhende,
par la vision, des objets – séparément et en
lien les uns avec les autres – en même temps qu’il
est imperceptiblement transformé par ces objets. ( Éric
de Chassey, « La peinture comme modulation », 1998 :
extrait).
Exposer à Faux Mouvement, espace d’exposition sans
fenêtres, est l’occasion pour Cécile Bart de mettre
en scène un nouveau dispositif. Accompagnant de nouvelles
peintures/écrans spécialement conçues pour le
lieu, des projections d’images d’ombres et de lumières
ponctuent les murs en remplaçant l’éclairage
artificiel du lieu. Délaissant la couleur, l’artiste
renoue avec ses premiers travaux noirs et blancs. Les surfaces peintes
en noir (qui rendent plus précis ce qui est derrière),
le tissu non peint (qui voile et rend flou), et les images d’ombres
projetées (légèrement mouvantes), nous emmènent
au cœur d’un « cinéma in situ et en temps
réel » et nous révèlent l’espace
sous un autre jour, plus nuancé.
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