Artistes
présentés
Angie Anakis, Carl Andre, Thomas Bayrle, Jean-Marc Berguel, Madeleine
Berkhemer, Guillaume Bijl, Chris Burden, Patrick Van Caeckenbergh,
Claude Closky, Georg Ettl, Giuseppe Gabellone, Peter A. Hutchinson,
Claire-Jeanne Jézéquel, Rolf Julius, Michael Kienzer,
Mathias Le Royer, Didier Marcel, Stephen Marsden, Gordon Matta-Clark,
Frédérique Metzger, Anita Molinero, Richard Monnier,
Philippe Poupet, Markus Raetz, Pierre Savatier, Jessica Stockholder,
Tatiana Trouvé, James Turrell, Franz West, Rachel Whiteread
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La sculpture
est un domaine privilégié des collections
du FRAC Limousin depuis de nombreuses années. Cette attention
soutenue a permis de rassembler un ensemble d’œuvres tout à fait
unique qui fait régulièrement l’objet d’expositions
individuelles et thématiques, à Limoges ou
ailleurs, tant il apparaît fédérateur de démarches
artistiques singulières. Collectionner la sculpture, c’est également
envisager ses multiples occurrences : du dessin préparatoire à la
maquette (et à ses liens avec l’architecture et la construction),
passer par les objets (de la nature morte au design), croiser la
photographie (la « photo-sculpture »), la peinture, le
domaine sonore, ou encore explorer de façon concrète
et matérielle les nouveaux outils technologiques de visualisation.
L’exposition 3D s’articule en deux salles de format
différent où les œuvres présentées
ont été
choisies pour leur échelle et leurs proportions.
La première salle en forme de long couloir présente
des œuvres de petit format, que par commodité on nommera « maquettes » et
des œuvres bi-dimensionnelles (dessins, photographies, sérigraphies).
La plupart sont liées à l’idée de paysage
(naturel ou construit) et s’examinent de façon très
détaillée. Ainsi, « Mégalopolis » de
Peter Hutchinson est une œuvre en forme de vitrine où l’artiste
a réuni un ensemble d’éléments variés
(mousses, photographies, minéraux, liquides dans des fioles
transparentes...) qui laisse imaginer une grande ville du futur. « Roden
Crater Project » de James Turrell s’intéresse à transformer
un volcan éteint en observatoire, « Mini Scraper on
Little Mesa » de Chris Burden projette l’édification
d’un gratte-ciel dans un ranch.
D’autres œuvres apparaissent comme des fragments de paysages
simplifiés : « Sous la neige » de Mathias Le Royer, « Sans
titre (3ème ouvrage) » de Claire-Jeanne Jézéquel,
ou métaphoriques « Polder » de Tatiana Trouvé.
D’autres encore juxtaposent plusieurs registres : Didier Marcel
dont l’œuvre associe objet et maquette (et mise en espace),
déroute nos habitudes visuelles, et la sculpture sonore de
Rolf Julius, où il y a autant à voir qu’à entendre.
La grande salle
présente des œuvres dont l’échelle
est au moins domestique (en référence
aux espaces habituels de la galerie des Coopérateurs à Limoges)
voire davantage, et est autant à parcourir avec les yeux,
les oreilles, qu’avec le corps tout entier, sollicité de
multiples manières. On y retrouve, bien sûr, les paramètres
fondamentaux de la sculpture (la gravité, le poids, les proportions,
les capacités propres à certains matériaux,
l’assemblage, la construction, la superposition, l’accumulation,
l’opacité, la transparence), mais également,
de façon plus étonnante, certaines qualités
originales mises en avant par les artistes :
l’orientation (Carl Andre), la mémoire (Rachel Whiteread),
la reproduction (Philippe Poupet, Stephen Marsden), le hasard et
la recherche scientifique (Richard Monnier), la violence (Anita Molinero),
le réseau (Thomas Bayrle), la trouvaille (Guillaume Bijl)...
Sur les murs, des œuvres bi-dimensionnelles (photographies de
sculptures éphémères, rayographies, collages)
prolongent ces spéculations et agrandissent l’espace
visuel.
L’ensemble se parcourt comme un paysage physique et mental.
Yannick Miloux, directeur du FRAC Limousin, janvier 2008.
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