Cette exposition de l'artiste norvégien
Per Barclay concentrera sur un angle particulier de son travail :
les photographies d’espaces aux « sols liquides ».
Depuis la fin des années 80, l’artiste confronte régulièrement à de
nouveaux lieux le même procédé d’installation éphémère,
destiné uniquement à la prise de vue et à la production
d’images : le sol d’espaces clos est recouvert d’huile
noire, d’eau, de vin ou de sang, afin de créer des surfaces
réfléchissantes qui redoublent l’image du lieu
tout en l’ouvrant à la profondeur vertigineuse d’un
ailleurs virtuel.
Au CCC, Per Barclay mettra en oeuvre ce dispositif principalement destiné à la
photographie, pour présenter une installation in situ dans le
White Cube devenant pour la durée de l’exposition un abyssal
trou noir. L’exposition regroupera un ensemble d’une quinzaine
de grandes photographies, depuis la première réalisée
en 1989 jusqu’aux plus récentes réalisées à Chinon à l’invitation
du CCC (2006) et à la Fondation Merz (2007).
Per Barclay est né en 1955 à Oslo, il vit et travaille à Paris
et Turin. Depuis la fin des années 70, il travaille beaucoup
en Italie où il a vécu une quinzaine d’années.
Si l’image photographique tient une place importante dans son œuvre,
Per Barclay est avant tout sculpteur. Il n’est pas anecdotique
que le travail photographique sur les sols liquides trouve sa source
dans un dispositif d’installation : c’est une réflexion
sur l’espace qui guide la majeure partie de sa production polymorphe
où la photographie côtoie l’installation, la sculpture,
le son ou le mouvement. Ce sont ces différents aspects de
l’oeuvre de Per Barclay qui étaient mis en avant lors
de l’exposition que le CCC lui avait consacré en 2001
.
Per Barclay recours de façon récurrente à des
matériaux liquides dont il utilise la nature fluctuante, insaisissable,
qu’il met parfois en mouvement dans certaines de ses installations
ou sculptures. Dans les photographies de « sols liquides »,
ce matériau fluide produit un sentiment étrange et
ambigu, une tension entre la contemplation esthétique d’un
reflet parfait et la trouble sensation d’anxiété devant
l’envahissement d’un lieu par un corps vivant, dont l’inertie
devient presque inquiétante.
En recouvrant les sols de lieux aux styles et fonctions différentes,
neutres ou très fortement identifiables (palais baroque, cabane
de pêcheurs, salle des coffres d’une banque ou galerie
d’art), le liquide et particulièrement l’huile
noire créent une surface miroir, révélant ce
que le regard ne peut percevoir de ces espaces devenus impraticables
et infranchissables. Dans ce travail, Per Barclay fait basculer les
repères spatiaux et sensoriels. Créant un double virtuel
du lieu, ses reflets noirs sont aussi générateurs de
vide, creusant l’espace réel d’un autre espace
en négatif, un espace fictif.
Cette exposition est organisée en collaboration avec la Fondation
Merz de Turin : exposition 10 juillet > octobre 2008.
Elle bénéficie du soutien de l’Ambassade Royale
de Norvège
|