“(...) Aujourd'hui, pourtant, Fabienne Gaston-Dreyfus
peint sans protection. Dans ses tableaux les plus récents,
plus de points fixes, plus de voie déjà équipée
mais une traversée dans l'inconnu, qui invente ses trajets et
soné
quilibre à mesure même que chaque toile se peint. Et pourtant ça
tient. Et c'est là la grâce singulière de ce travail,
que de tenir, c'est-à-dire de faire tableau, sans se fonder,
pour cela, sur rien qui, d'ordinaire, garantisse
l'équilibre de la toile. Ni point d'accroche, donc, ni même
un usage, comme souvent chez les artistes que l'on dit
abstraits, des bords du tableau comme une frontière solide sur
laquelle s'appuyer. Chez ce peintre, au contraire,
les bords sont poreux, ouverts à tout dehors, faisant de la
toile le lieu par lequel des formes passent en y laissant
quelques traces. Ainsi naît, chez celui qui regarde, cette idée
de suspens : ici, des formes sont en suspension, saisies
dans un équilibre provisoire, au sein d'un espace totalement
ouvert. Un espace qui, loin de bloquer, laisse
passer, un espace traversé.(...) “
Extrait du texte “Sans protection” de Pierre Wat écrit à l’occasion
de l’exposition à L’ H du Siège.
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