Le lieu
d'art À suivre... présente
pour la première fois en France le travail de Maïko Hatano,
une artiste japonaise vivant au Royaume Uni, qui explore les espaces émergeants
de la ville, à travers l'installation photographique.
Son travail utilise des
images cadrées de manière
identique et prises à différents moments, combinées
et éclairées par une source lumineuse programmée
par ordinateur, pour former des images nouvelles. Ces images, par
un cycle d'apparitions, de dissociation, de disparitions, font écho
aux compressions temporelles rencontrées dans le paysage urbain.
Le travail s'enracine dans l'engagement en un point de singularité,
entre les états où la densité de l'information
et sa transformation présentent l'opportunité de ré-expérimenter
et de ré-analyser l'image. Les pièces produites placent
continuellement le spectateur au point où les processus perceptuels
commencent à échouer, et où l'imagination commence à combler
le vide.
L'installation est basée sur une série de photographies
dépeignant les espaces architecturaux des banlieues japonaises.
Le sujet du travail semble banal, un coin de rue, une station ferroviaire,
une zone de parking, tous ces espaces qui sont familiers mais qui
deviennent troublants, comme l'attente d'un danger tapi dans la pénombre.
L'aspect onirique de la
lumière nocturne naturelle crée
une toile de fond chargée psychologiquement, pour une scène
qui a pris place ou qui va prendre place. L'appareil photographique
attend une action, laquelle n'apparaît jamais, seul le passage
du temps est enregistré, avec ses mouvements de va-et-vient. À travers
ce processus, nous sommes confrontés au dilemme de l'image
photographique et du monde qu'elle cherche à saisir, que nous
ne pouvons vraiment voir que quand les choses commencent à disparaître.
Maïko Hatano présente également un ensemble de
photographies obtenues par un processus physique de production de
couches, avec de multiples passages par l'imprimante. Ces images
denses, elles aussi, paraissent instables, les parties qui les composent
luttant pour faire corps et constituer une seule forme. Les images
en résultant déploient une palette de couleurs quasi
luminescentes, semblant rayonner avec une qualité évoquant
la cinématographie.
Maïko Hatano, diplômée de la Royal Academy and
Central Saint Martins de Londres a exposé son travail internationalement,
elle est représentée dans de nombreuses collections
et a été commissaire pour des expositions en Europe
et au Japon.
Hotaru est le mot japonais
pour luciole, une créature qui
a une forte symbolique dans le folklore japonais, observée
au crépuscule, ayant une brève mais spectaculaire existence.
Elle est considérée comme un objet de contemplation
et d'inspiration.
L'exposition Hotaru est soutenue par le British Council.
La ville de Bordeaux.
La ville de Fukuoka. |