« Des-ciudades » ou la démythification
de la cité idéale
Pour sa deuxième exposition à la galerie Mamia Bretesché,
Luis Moragon poursuit son exploration des « Desciudades »,
commencée lors de l’exposition de l’artiste au
musée d’art contemporain de Elche, en Espagne, en mai
2006.
Ainsi il continue à développer une réflexion
sur le thème « habiter », travail entamé il
y a déjà plusieurs années.
«
Des-ciudades » vaut par son préfixe privatif, comme
réflexion critique, déconstruction, démythification
de la cité idéale.
La ville aujourd’hui, c’est cette scène menaçante
ou se joue la négation de l’individu, à cause
du rythme vertigineux auquel il vit, qui cloisonne ou compartimente
les individus au lieu de les mettre en relation.
De là la représentation de la ville à travers
des grilles géométriques, omniprésentes dans
ce travail : la ville n’est plus architecture harmonieuse
mais simple trame quadrillée, juxtaposition de cellules qui,
selon leur disposition, peuvent évoquer des bâtiments
ou des paysages imaginaires. Mais c’est l’imaginaire
dystopique de la ville carcérale, dont chaque fragment n’est
que la partie, répétée à l’infini,
d’un tout inclusif.
La trame quadrillée est donc synonyme d’enfermement,
d’anonymat, de rupture du lien entre le moi et le monde, entre
l’intérieur et l’extérieur : Chacun
se devine, par le jeu des lumières allumées qui trahissent
une présence derrière la fenêtre, tout en la
dérobant au regard clair. Derrière toutes ces fenêtres
identiques, autant d’individus différents, autant de
relations possibles.
La grille, et ses multiples fenêtres, trace la frontière
entre intérieur et extérieur, mais souligne aussi les
lignes de contact. Contradictoire, elle dirige le regard en le centrant
et en le filtrant, mais le brouille aussi en le disséminant
en mille endroits similaires ( série Nuit )
Des perspectives naissent ou disparaissent. Il est donné au
spectateur de voir au premier plan, voire au premier degré,
des immeubles se détachant d’un fond saturé d’une
seule couleur qui elle même est composée d’une
multitude de points lumineux qui font appel aux champs de couleur
que Luis Moragon emploie dans sa peinture.
Les oeuvres récentes exposées à la galerie,
peintures et photographies, sont deux formes d’expression qui
chez, Luis Moragon, s’influencent et se complètent.
En parallèle, pendant les mois de mars et avril, les œuvres
de Luis Moragon, vidéos, peintures et photographies font
l'objet d'une exposition personnelle intitulée "Champs
Urbains" à l’Orangerie de Cachan en collaboration
avec la Maison d’Art Contemporain de Chaillioux et le CAPAS
de Fresnes.
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