g-module a le plaisir d’annoncer la première
exposition à Paris de Carl D’Alvia. Traversant une multitude
de polarités, le travail de ce sculpteur joue sur l'excès
et l'absurde, la tendresse et l'humour noir. D’Alvia crée
une fausse fourrure afin de recouvrir toute sorte de figures, souvent
des animaux mais aussi des corps anthropomorphes ou même abstraits.
Sous cette couche fictive, ses sculptures expriment une introspection
proche de l'hermétisme, aussi intense qu'ironique.
A cette occasion, g-module présentera des oeuvres de formats
divers réalisées en résine colorée, ainsi
qu’une sélection de dessins mettant l’accent sur
l’orientation de la recherche iconographique de l’artiste.
Celle-ci prend pour objet deux types de motifs en
apparence opposés
: d’un côté, le groupe zoologique que l’on
pourrait normalement trouver dans les films de dessins animés ¬-
des castors, des singes, des lapins, etc. De l’autre côté,
le répertoire de corps géométriques que les
différentes écoles de sculpture concrète et
minimaliste ont pu fréquenter : des cubes, des planches oscillant
entre le bidimensionnel et le tridimensionnel, des volumes parfois
indéfinissables... Ces deux groupes thématiques se
confondent sous une même couche de pelage opaque et touffu.
L’élaboration de cette fausse fourrure comporte une
pratique de la sculpture qui, chez D’Alvia, rapproche la production
sculpturale d’une forme ironique de performance minimaliste.
La texture ainsi que l’homogénéité du
pelage sont des components abstraits qui entrent en contradiction
avec une oeuvre par ailleurs explicitement narrative.
L’aspect paradoxal est aussi basé sur la synthèse
d’apparition et d’occultation qui a lieu dans des figures
dont nous devons deviner la forme. Le pelage, recouvrant toujours
la totalité du corps en question, s’interpose entre
celui-ci et notre perception. L’impossibilité de voir
les figures nourrit notre désir de les toucher ; la dureté de
la résine rend évident que nous ne pouvons pas aller
au-delà de l’apparence.
On pourrait interpréter l’oeuvre de Carl D’Alvia
dans deux directions : comme une approche parodique du langage concret
aussi bien que comme une introduction du vocabulaire minimaliste
dans un discours pop, où se brouillent tendresse et falsification.
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