Ma
pratique est peut-être et avant tout
une pratique de réception et de lecture qui initie de nouveaux
développements à partir d’œuvres et de produits « finis ».
L’enjeu n’est pas tant de commencer que de recommencer,
en déplaçant ailleurs et autrement ce qui a été amorcé par
d’autres.
(Yann Sérandour et Charlotte Laubard, « Entretien » in
Incipit, catalogue de l’exposition, Paris, Fondation d’Entreprise
Ricard, 2006)
Pouvant
prendre la forme d’inserts, de suppléments
voire de notes en bas de page, le travail de Yann Sérandour
est interstitiel et polymorphe. Il utilise des œuvres « historiques »,
des textes ou des signes visuels à partir desquels il opère
différents types de lectures, parasitages et déplacements.
Ces approches sont des manières, d’une part de réactiver
et parfois de modifier les significations latentes d’une œuvre,
et d’autre part, d’interroger les transformations des
enjeux historiques, politiques, et esthétiques qui lui sont
associés. Prolongeant des propositions créées
par d’autres par des développements inédits,
il a notamment publié Thirtysix Fire Stations en réponse
aux livres qu’Edward Ruscha publia dans les années soixante
et un supplément pouvant s’insérer dans le catalogue
raisonné Specific & General Works, présentant les
travaux de Lawrence Weiner de 1968 à 1993.
Parallèlement, il développe ses recherches à travers
des publications d’articles, des conférences, des workshops
et du commissariat d’expositions. Il a été commissaire
de l’exposition Un art de lecteurs à la Galerie Art & Essai à Rennes
en 2005 qui exposait la relation que certains artistes contemporains
entretiennent avec la culture du livre et la lecture.
Né en 1974, il vit actuellement à Rennes.
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