L'Odyssée de Jim Dine , la plus importante
exposition consacrée à cet artiste dans un musée
français, propose un nouveau regard sur la démarche
et les recherches poursuivies par Jim Dine au cours des vingt dernières
années.
Figure de premier plan parmi les artistes américains de sa
génération, Jim Dine a très vite pris ses distances
avec le Pop Art pour développer à partir des années
70 une vision plus impérieuse en même temps qu'une iconographie
très personnelle. Liés en particulier au désir
de définir sa propre identité, le cœur, les outils
et la robe de chambre sont parmi les motifs inlassablement répétés
et reformulés par l'artiste.
L'exposition s'articule autour de quelques uns de
ces thèmes
favoris, mais aussi - le répertoire de Jim Dine s'étant
considérablement élargi - autour de sujets apparus
plus récemment tels le crâne, la Vénus de Milo,
l'arbre ou les oiseaux. La série Winter Dream (1995), une
fantasmagorie de douze grands bois gravés, offre ainsi une
déclinaison de la plupart des thèmes appartenant à l'univers
intime de l'artiste.
Introduit à la fin des années 90, le personnage de
Pinocchio devient à son tour l'objet d'innombrables variations. Ému
par l'enfant désobéissant et menteur autant que par
son créateur Gepetto, Jim Dine imagine en particulier une
suite de trente-six lithographies illustrant les aventures du pantin,
inspirées de l'édition originale de Carlo Collodi (1883),
un projet phare qui vient de s'achever dans un atelier parisien et
qui sera exposé pour la première fois en France.
Rassemblant quelque deux cents estampes et livres
illustrés,
l'exposition est aussi l'occasion de découvrir l'œuvre
graphique de Jim Dine, un moyen d'expression qui est pour lui d'une
importance au moins égale à la peinture et à la
sculpture.
Bois gravé, lithographie, eau-forte, gravure sur carton,
Jim Dine utilise toutes les techniques, n'hésitant pas à bouleverser
les règles et les conventions de la gravure, poussant même
chaque procédé à ses limites extrêmes.
Plus attiré par la singularité d'une épreuve
que par la perfection uniforme d'une édition, il a souvent
recours aux rehauts manuels de couleurs et se livre volontiers à des
combinaisons sophistiquées donnant aux surfaces une extraordinaire
subtilité. La longue suite des 55 Portraits (1995) est sans
doute l'une des manifestations les plus marquantes de son étonnante
virtuosité.
Une invention technique toujours en éveil, l'extraordinaire
présence physique des images et leur monumentalité -
comme en témoigne The Foreign Plowman (1988), une gigantesque
estampe composée de cinq panneaux - caractérisent les
oeuvres de Jim Dine. Quels que soient la forme et le motif choisis,
elles sont empreintes d'une forte charge autobiographique et s'imposent
comme autant d'énigmatiques métaphores de sa création.
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