Geneviève Asse est née en 1923 à Vannes,
dans le Morbihan. Elle vit et travaille à Paris, ainsi que
sur l’île aux Moines où elle puise son inspiration.
Geneviève Asse fait partie de ces figures majeures de l’art
dont l’œuvre prouve qu’il y a une histoire de la peinture
contemporaine dont le formalisme n’est pas le seul constituant.
Elle a conquis un espace et une lumière qui lui sont propres,
où l’écriture tient une place importante, comme
Geneviève Asse le dit : « Quand je grave, j’écris. »
En effet, la gravure, le dessin, la peinture sont
un tout pour cette artiste qui se définit comme « un peintre qui grave,
un peintre qui dessine », mais qui « reste un peintre ».
Comme le goût de l’écriture vient à nous
par nécessité, Geneviève Asse est venue à la
peinture de la même façon. Cette nécessité intérieure
qui pousse le peintre à expérimenter l’huile
très diluée, dite maigre, sur toile et sur papier ainsi
que les techniques de l’estampe. C’est le prolongement
de cette quête de l’extrême dont parle souvent
l’artiste qui l’amena à pratiquer cette dernière.
L’aquatinte, par le cuivre, ouvre de nouvelles fenêtres à Geneviève
Asse qui est constamment en quête de lumière et d’espace.
C’est ce même espace que nous retrouvons lorsque nous
sommes face aux huiles de l’artiste. Tout ce passe dans la
fascination de la contemplation, car le « bleu Asse » semble
particulièrement attirer la lumière.
Claude Esteban parle ainsi des estampes de Geneviève
Asse :
«
Pour le peintre, la gravure sera comme l’armature de la peinture
et elle l’aidera à bâtir « les charpentes
de la lumière ». Ainsi dans lumière, le catalogue
de l’exposition à Reims en 1968, elle écrit : « L’espace
se compose de formes sommaires et sensibles qui s’équilibrent
par la masse et par la lumière, une architecture se crée. »
C’est la quête du dépouillement, l’ouverture
vers la lumière, l’élaboration de cette sorte
d’armature, « architecture secrète » selon
ses termes, qui génère cette légèreté,
cette impalpabilité que possèdent les œuvres de
Geneviève Asse. Elles sont empreintes d’une tension
résultant d’un trait incisant, ou figurant une, ou la,
séparation entre deux espaces. Car le dessin du trait, qu’il
soit horizontal, vertical, ou diagonal crée une tension dans
la toile, une vibration, une sorte de résonance musicale.
L’œuvre gravée toute entière reflète
ce besoin d’inciser, de s’inscrire dans la dureté du
cuivre, comme jadis enfant, elle gravait sur les rochers.
Cette ferveur l’a amené à de nombreuses occasions à travailler
dans le domaine de l’édition. Notamment depuis sa rencontre
avec le poète Pierre Lecuire en 1954, avec qui elle réalisera
plusieurs livres. Seront tout aussi déterminantes ses rencontres
avec l’écrivain Silvia Baron-Supervielle avec qui elle
réalisera en 1976 une édition d’art intitulée
Les fenêtres, et Jean Leymarie avec qui elle partage une amitié solide
qui se poursuit dans le temps. Son dernier écrit date de février
2003 et se présente sous l’intitulé "Notes
par deux". Pour cette première expérience en solitaire,
Geneviève Asse propose un texte qui permet de mieux comprendre
son œuvre.
Cette œuvre, nourrie de plus de soixante années de réflexion
et de pratique, fait qu’aujourd’hui nous avons le bonheur
d’être face à un art d’une extrême
richesse dont la qualité et la profondeur ne sont plus à prouver,
et ceci depuis longtemps.
exposition personnelle d'œuvres récentes
du 9 mars au 15 avril 2007.
vernissage vendredi 9 mars de 18h à 20h en présence
de l'artiste.
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