Claude Bellegarde est né à Paris
en 1927. Il vécut une enfance difficile à Maisons-Laffitte
sous l’occupation. À la fin de la guerre, en 1945, après
une année d’études passée dans un atelier,
il rencontre Lanza del Vasto (disciple de Gandhi, écrivain,
poète, dessinateur, musicien) et adhère à sa
communauté spirituelle. Plus tard il fréquentera le
cercle Gurdjeff, dont une des cellules est dirigée par la
veuve de René Daumal, puis il poursuit seul son initiation
en étudiant la philosophie de Krisnamurti.
Il part ensuite vagabonder dans les Alpes où il éprouve
une fascination pour le blanc. De retour à Paris, commence
une période d’épreuves. Divers emplois alternent
avec ses premiers essais en peinture: des toiles abstraites, tachistes
colorées. Ce sont ces œuvres qu’il montre pour
la première fois au Salon d’Octobre en 1952 et à sa
première exposition personnelle au Centre St Jacques à Paris.
Tombé malade, il entre dans un sanatorium en Suisse où il
peint alors sans contrainte. L’environnement blanc efface progressivement
la couleur et restreint le geste.
AchromatismeDe retour à Paris, Bellegarde commence sa Période
Blanche (1953-1957) et produit sa première série d’œuvres
sous le nom Achromatisme. Reconnu comme un membre significatif du
mouvement des artistes d’après guerre à Paris,
il se joint en 1954 au groupe d’avant-garde Dessins qui met
en avant l’abstrait gestuel. Paul Facchetti organise une exposition,
Signifiants de l’Informel, à sa galerie à Paris
qui montre le travail de Fautrier, Mathieu, Dubuffet, Riopelle, Michaux
et Bellegarde. La même année Bellegarde tient une exposition
personnelle à la Galerie Arnaud et participe à une
exposition de groupe au Musée d’Art Moderne de Dusseldorf
en Allemagne.
Sa première exposition personelle de la période blanche
a lieu à la Galerie Facchetti en 1955 où le jeune critique
Pierre Restany s’intéresse à ses tableaux. Bellegarde
fera une suite d’expositions en Belgique, Allemagne, Amérique
et Italie ou dés 1956 il aura un certain succès. Lucio
Fontana impréssioné, achète un tableau blanc, à la
Galleria Apollinaire à Milan en 1956.
En 1956, le Musée de Beaux-Arts de Lille acquiet un achrome
et en 1959 la Tate Gallery L’oiseau 11, 1957. En 1985, le Fond
National d’Art Contemporain acquiert un tableau blanc Atonale,
1957 actuellement au Musée Cantini de Marseille. En 1995,
Raoul Jean Moulin fait entrer un grand papier froissé Déplacement
d’Espace–temps F, 1957, dans la collection du futur Musée
d’Art Contemporain Val-de-Marne. En 2004 le Musée d’Art
Moderne Centre Pompidou acquiert deux achromes Rien d’Autre,
1954 et Le Seuil, 1955.
Typogrammes • Cabine ChromatiqueL’expérience
fondamentale du retour aux sources et un voyage au Maroc en 1958,
lui ont permis de découvrir le sens de la couleur et son influence
sur l’esprit et le corps humain. Bellegarde présente
le résultat de ses réflexions, Pour un symbolisme de
la couleur, manifeste dans lequel il révèle ses premiers
Typogrammes, portraits psychiques réalisés par le langage
de la couleur. Typogramme d’une plante, 1963 se trouve au Centre
National d’Art Contemporain de Paris.
Une invitation de l’université de Fairleigh Dickinson,
dans le New Jersey aux États–Unis en 1964, va lui permettre
de réaliser sa première Cabine Chromatique où le
spectateur intervient dans sa propre projection. Le Musée
Guggenheim acquiert alors une de ses maquettes en trois dimensions
(projet de cabine chromatique), Research for man, 1964.
Bellegarde approfondira sa recherche picturale à travers
des expériences de chromothérapie menées avec
le docteur Alfred Tomatis au Centre du langage, le physicien François
Parra éditeur de la revue Couleur et le docteur Claude Wiart
de l’Hôpital Sainte-Anne. Il présentera une cabine à la
Biennale de Sao Paulo en 1965 et la même année fut le
récipiendaire du Premier Prix pour la France de la Biennale
de San Marino.
Ses recherches le conduiront à monter des ballets chromatiques
avec le musicien Steve Lacy et à colorer le film Le Horla
de Jean Daniel Pollet ainsi qu’amorcer une période de
son œuvre qui s’étendra sur dix ans intitulée
Nature Humaine. Un tableau de cette période Histoire de l’Œil
1967 a été acquis récemment par le Musée
des Beaux Arts de Lyon.
En Mai 68’ en France, il produit une affiche pour l’exposition
de groupe à l’usine en grêve Nord Aviation organisée
par R J Moulin. L’une d’elle, Mort aux vaches, bonjour
les veaux, 1968 fait maintenant partie de la collection du Musée
des beaux–arts du Canada. En 1971, le Musée d’Art
Moderne de la Ville de Paris, présente une exposition rétrospective
dans laquelle le conservateur Pierre Gaudibert dédie une salle
complète à la période blanche.
Stores • Nature Humaine Pendant Les années 70, Bellegarde
poursuit sa recherche avec des nouveaux matériaux qui pourraient
refléter la matière organique: le papier de riz, feuilles
de bois et finalement les stores. Leur texture s’avère
parfaite pour peindre et inscrire les formes humaines, la végétation,
la terre, le ciel, le feu et l’eau et cette fascination durera
plus de vingt ans. En 1983 il complète un doctorat à la
Sorbonne, fera de nombreuses conférences tout en s’impliquant
dans plusieurs projets collaboratifs: architecture, film, théâtre,
musique et poésie. Bellegarde a été promu Chevalier
des Arts et Lettres de France en 1985 par le ministre de la culture
Jack Lang.
Son et couleur • Marine et Volcanique • Couleur du regardSes
recherches prolongées des années 70 ainsi que des voyages
significatifs aux volcans d’Hawaï, au Grand Canyon et
l’ouest américain, dans l’océan indien à travers
les Seychelles et l’Ile Maurice amèneront Bellegarde à revoir
et explorer la couleur d’une nouvelle manière durant
les années 80 et 90. Des formes rythmiques aux couleurs intenses
envahissent des toiles regroupées sous les thèmes Son
et couleur, Marine et Volcanique et Couleur du regard.
En Novembre 1990, Bellegarde expose au premier Festival
International de Séoul en Corée avec entre autres, Sam Francis, Arman,
Karel Appel, Robert Rauschenberg. Une grande exposition Achromatisme,
a lieu à Paris en 1991 à la Galerie Bernard Davignon.
En 1999 Bellegarde est invité au Maroc pour une rétrospective
importante de son œuvre, exposition itinérante Claude
Bellegarde – Métamorphose de la Couleur qui s’est
tenue à Rabat, Fez et Tanger.
ÉphÉmÈre • Gris de couleurLe nouveau
millénium marque le début de deux nouvelles séries
de peintures Éphémère et Gris de couleur. Le
Quotidien l’Humanité commande un grand tableau , Regard
sur l’Humanité, pour le centenaire du journal exposé à la
Fête de l’Humanité de 2004. La même année
Le Mobilier National de France commande une grande tapisserie La
couleur du regard, tissée à la Manufacture des Gobelins.
Aujourd’hui Claude Bellegarde vit et travaille toujours à Paris.
On retrouve des œuvres de l’artiste dans un grand nombre
de collections privées et musées à travers le
monde, tels que le Musée d’Art Moderne, Paris; Centre
Georges Pompidou, Paris; Centre National d’Art Contemporain,
Paris; Musée Cantini, Marseilles; Musée des Beaux-Arts
de Lille; Tate Gallery, Londres; Solomon Guggenheim Museum, New York;
Tokyo Museum of Modern Art; Musée des Beaux-Arts du Canada
ainsi que les musées des beaux–arts de Wuppertal, Belgrade,
Skopje, Geneva et San Marino.
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