2 Pack Age (too package / to package),
troisième
exposition personnelle de Benjamin Sabatier à la galerie,
nous permettra de découvrir les nouvelles créations
de ce jeune artiste français, dont la démarche est
basée sur l’analyse de notre société de
consommation, de ses modes de fonctionnement économiques et
de son influence sur la création artistique actuelle.
On connaît déjà ses Peintures en kit, œuvres
réalisées avec des punaises et vendues sous forme de
kits dans des boîtes en carton, ou ses Bacs qui connurent un
franc succès à la FIAC 2006. Toujours très visuelles,
ses œuvres fascinent un très large public.
Après s’être intéressé aux cycles
de production et de distribution, Benjamin Sabatier pose aujourd’hui
son regard critique sur l’emballage, qui a pris une importance
primordiale. Aujourd’hui, tout doit être estampillé,
réglé, le hasard et l’aléatoire n’ont
plus leur place dans notre monde globalisé.
L’ère de l’emballage / Conditionner / Trop d’emballage
: dans le sens où « l’enveloppe » de la marchandise
(le packaging) nous masque la valeur d’usage (et par là,
la valeur travail) en ne faisant apparaître que sa valeur d’échange.
Dès lors, l’objet est réduit au statut discursif
d’une idée de lui-même. C’est une telle idée,
et non la chose elle-même, qui donne prétexte à l’échange
marchand. Au final, ce que l’on achète, ce qui crée
notre désir n’est pas l’objet, mais son enveloppe,
ce que d’ailleurs nous jetons en premier.
Les enjeux économiques actuels (problèmes liés à l’environnement,
au traitement des déchets, au commerce équitable, à la
croissance économique ou encore au partage des « expériences » sociales
au sens large) engagent le devenir de nos sociétés industrielles.
L’espace de liberté critique offerte aux artistes, permet
de questionner et de mettre en branle ces questions de société.
Se met en place une véritable posture artistique : « L’artiste
en citoyen du monde ». L’art est devenu un véritable
champ d’expérimentation politique et social.
À
l’heure de la mondialisation, du recyclage, du développement
durable et du tout écologique, la question se pose de l’emballage,
du « trop emballer »… Mais par là se pose
la question de la « vérité » des choses,
leur apparition par l’élimination de cet «écran » (packaging).
En ce sens, la création actuelle (artistique mais surtout citoyenne,
sociale et politique) ne devrait pas se manifester dans l’invention
de la surface mais par son élimination.
Ce décryptage de l’emballage, du « packaging »,
est poussé jusque dans le choix des matériaux utilisés
par l’artiste dans la création de ses œuvres : Bois,
carton, scotch, ciment, clous, plastique, un véritable vocabulaire
des matériaux pauvres et communs est mis en avant, un vocabulaire
tout droit sorti du chantier ; le chantier, figure singulière
du processus de fabrication (via des matériaux disponibles et
des corps au travail.
Le défi consiste à choisir des modes de vie en inventant
des formes. Ou plutôt à produire des formes en inventant
d’autres possibilités d’être au monde.
ŒUVRES EXPOSÉES
BLISTERS : emballages thermoformés de divers objets de consommation
servant de moule à la constitution d’objets en ciment.
IBK SCOTCH TOWERS : colonnes formées par superposition de
divers rouleaux de scotch, qui sont par nature l’élément
essentiel de l’acte d’emballer.
FAGOTS et CHUTES : pièces et installations réalisées à partir
de chutes de bois trouvés dans des magasins de bricolage.
FLÉCHETTES : vidéo aléatoire de la constitution
d’une œuvre qui ne peut s’achever.
CARTONS : boîtes en cartons de différents formats sur
lesquels ont été collés à l’intérieur
comme à l’extérieur divers logos et pictogrammes
que l’on trouve sur les cartons d’emballage.
BACS : il s’agit ici de conservation, avec des pages de magazines
compressés dans bacs à glaçon ; œuvres
dont la forme et l’apparence finales s’apparentent à celles
d’une peinture ou d’un collage.
KIT IBK, DIY 1361, oeuvre en kit, édition à 100 exemplaires
: comme les Peintures en kit, c’est une oeuvre à fabriquer
directement chez soi, grâce à un patron, un marteau,
un système de montage et plus de mille clous ! Ce modèle
a été réalisé dans le cadre de la Biennale
de Paris 2006/2007.
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