Chauny
Collège Jacques Cartier
Le corps penché sur le papier tel un écrivain, Pierrette
Bloch crée en de petits gestes fluides de la main aux amplitudes
variables, des maillages ou des boucles qui ponctuent à intervalles
réguliers le papier blanc.
Henri Michaux laisse aller la main dans le désordre des signes,
des taches et des mouvements. Il explore, dévoile l'inconnu,
expérimente des milliers de signes parfois anthropomorphes
pour saturer la feuille. L’encre lui permet une exécution
rapide, une écriture fluide portée par l’espace
intérieur du corps, de l’être et ce qu’il
tente d’en saisir, d’en restituer.
Les « Ecritures d’après musique » de Judith
Reigl rapprochent jusqu’à les confondre les temporalités
et les formes si proches du dessin, de l’écriture et
de la musique. L’artiste ponctue l’espace du papier d’une
calligraphie abstraite qui répond aux rythmes, tempi, vitesses
et tensions de l’harmonie musicale.
Des parafes incisifs, des tracés sismographiques resserrés
en lignes effilées ou des étirements de couleur brossés
caractérisent le geste d’Hans Hartung, figure majeure
de l’Abstraction lyrique et de l’expressionnisme abstrait
qui naissent dans les années 50 en France et aux Etats-Unis.
Du corps, Jean-Paul Huftier cherche avec sa propre énergie
projetée à l’encre sur la toile ou le papier à retranscrire
la fulgurance des attitudes et des mouvements de ses modèles
dans l’atelier ou lors de performance portée par la
musique.
En autant d’attitudes que d’individualités, le
corps écrit, peint, dessine ou danse pour exprimer une nécessité de
l’être : laisser une trace de son expérience,
d’une vie par essence éphémère ; une trace
pour les autres, pour le présent et l’avenir.
Dessins de Pierrette Bloch, Hans Hartung, Jean-Paul Huftier, Henri
Michaux, Judith Reigl.
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