Ce printemps 2007, le Frac Limousin
présente
la première exposition importante en France de
Thomas Bayrle. Internationalement reconnu, en Allemagne, au Japon,
aux Etats-Unis et récemment en
Chine, Bayrle n’a eu qu’une modeste exposition à Paris
en 1972.
Si son oeuvre a bénéficié d’un tel écho
international, c’est, bien entendu, pour ses qualités
propres, mais
aussi pour sa notoriété auprès des jeunes générations
d’artistes.
Le principe de l’oeuvre est invariable : la
répétition sérielle d’un motif se modifie
et s’anamorphose
peu à peu pour fabriquer une seconde image. Cette « super
image » est donc à la fois déduite de la
répétition et produite par elle, et est propice à tous
les subterfuges : produire du même en l’agrandissant,
ou une image avec une autre, etc.
La prise de conscience artistique de Bayrle s’effectue au croisement
d’influences et de techniques
dont il opère une synthèse à la fois singulière
et extrêmement ouverte.
L’expérience fondatrice du tissage dans une usine textile
dès la fin des années 50, puis celle de l’édition
et de la recherche typographique (Gulliver Press), les travaux dans
des agences de publicité, la rencontre
avec Peter Roehr (artiste promoteur de l’art minimal en Allemagne),
les évènements artistiques (le Pop Art
américain, Warhol et Lichtenstein, l’Op Art d’un
Vasarely) et politiques du moment, tous ces éléments
vont
se cristalliser pour forger l’aventure plastique originale
de Bayrle.
Son oeuvre se décline sur différents
supports : sérigraphies sur papier, mais aussi sur plastique
transparent pour une collection d’imperméables (1967-68),
papiers peints, sculptures en forme de
disposition d’objets, reliefs et maquettes, films (à partir
de 1980), production de livres, design graphique,
etc., avec des motifs d’abord très « pop » (chaussures,
tasses, voitures, la vache qui rit), puis des
portraits, des foules, des paysages urbains, des flux de circulation.
A partir de 1980, Bayrle va commencer à réaliser des
films, d’abord image par image
(« Autobahnkopf » où un visage à facettes
devient le réceptacle de courses de voitures ), puis avec
l’ordinateur. Des premières expérimentations
sur Atari aux programmes plus élaborés sur des ordinateurs
très performants, au Japon notamment, Bayrle poursuit ses
recherches en étroite collaboration avec de
jeunes artistes (il a enseigné pendant 25 ans à l’Ecole
de Francfort). L’élément pictural (le pixel)
est creusé en profondeur jusqu’aux confins du visible, d’une façon
efficace, simple et directe, mais toujours en
mouvement – comme vivant – et donc doté d’une
réelle complexité.
L’exposition Superimages de Thomas Bayrle propose un vaste panorama des
oeuvres de l’artiste depuis
les années 60.
Elle s’accompagne d’un livre d’images compilées par
l’artiste et mis en page par Harald Pridgar, complété d’un texte de Chus Martinez et d’un
entretien entre Thomas Bayrle et Yannick Miloux.
|