Le sport fournit à Jacques Julien un vocabulaire
formel (cercle du panier de basket, lignes des terrains de jeux…)
a priori radicalement étranger à celui de l’art.
C’est pourtant en le manipulant et en le détournant,
en lui juxtaposant d’autres objets (plantes, oiseaux, maisons,
etc.) qu’il élabore des sculptures dont la teneur poétique
et humoristique ne doit pas masquer les enjeux plastiques. Si l’effet
d’étrangeté poétique de ses objets n’ignore
rien des procédés surréalistes, l’emprise
très élaborée de ses objets sur l’espace,
les jeux de surfaces et de lignes, nous renvoient aussi à toute
une histoire de la sculpture et de la peinture de ces cinquante dernières
années. Mise à distance par l’humour et alimentée
par l’imagerie sportive, cette histoire offre à l’artiste
un répertoire de formes dans lequel il puise en toute liberté pour
nous proposer des œuvres inattendues, et élaborer dans
le lieu d’exposition des parcours improbables mais jubilatoires.
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