En réunissant des documents exceptionnels,
tels que manuscrits et archives audiovisuelles montrés pour
la première fois en France, cette exposition permet au public
de découvrir les multiples facettes de l'œuvre de Beckett,
notamment son travail de metteur en scène et son œuvre
audiovisuelle.
L'exposition témoigne d'ailleurs du bilinguisme de Beckett à travers
la présentation conjointe de ses écrits en anglais
et en français. L'enjeu majeur de l'exposition est de sortir
l'œuvre de Samuel Beckett de la seule notoriété d'En
attendant Godot (1948) publié aux Editions de Minuit après
que l'écrivain eut choisi la France comme lieu et langue d'écriture,
dès 1938.
En
chacune de ses étapes, la présentation propose
la rencontre entre l'œuvre de Beckett et celles des plus grands
artistes contemporains. Ainsi, le premier espace présente
l'œuvre de fiction de Beckett à travers des manuscrits
et leur mise en relation avec des œuvres d'artistes tels que
Mona Hatoum, Bruce Nauman, ou Andrew Kötting qui entrent en
résonance avec le monde et les personnages beckettiens. Une
installation d'Alain Fleischer, œuvre créée à l'occasion
de l'exposition, propose une interprétation de l'univers romanesque
de Beckett à travers la matière même d'un grand
livre ouvert.
Un
espace important est consacré au théâtre,
présentant des archives audiovisuelles de grandes mises en
scène rarement diffusées, ainsi qu'un ensemble de documents
inédits et de photographies des pièces et des répétitions.
Une installation musicale imaginée pour l'exposition par le
jeune compositeur Jérôme Combier associe la lecture
de L'Impromptu d'Ohio à une création pour trio à cordes.
L'accent
est ensuite mis sur Film, seule oeuvre cinématographique
de Beckett tournée en 1964 avec Buster Keaton, et grande référence
pour le cinéma d'avant-garde, mise en relation avec Vidéo
de Stan Douglas, variation autour de celle-ci.
Autour
de la projection de Quad, pièce majeure de la série
des « oeuvres pour la télévision » réalisées
dans les années 80, l'espace suivant explore les recherches
formelles de Beckett et y associe la démarche des grands minimalistes
que sont Sol LeWitt, Richard Serra ou Robert Ryman. La section biographique
présente un riche ensemble de documents, lettres, manuscrits,
photographies inédites accompagnées d'archives audiovisuelles évoquant
son parcours, de l'enfance irlandaise à la consécration
du Nobel en passant par la rencontre avec Joyce, l'engagement dans
la Résistance, le rôle des éditions de Minuit… Un
film How far is the sky ? commandé par le Centre Pompidou
et l'IMEC à la réalisatrice Pascale Bouhénic
conclut la section en proposant une série d'entretiens sur
Beckett avec des écrivains, des lecteurs ou des amis parmi
lesquels: Jean Echenoz, Jean-Philippe Toussaint, Jude Stefan, Geneviève
Asse, Werner Spies, Raymond Federman, etc.
La
dernière partie de l'exposition est plongée dans
une pénombre où sont projetées quatre œuvres
audiovisuelles réalisées par Beckett pour des chaînes
de télévisions anglaises et allemandes, réunies
pour cette occasion: Nacht und traüme, …but the clouds,
ghost trio, what were. Le public peut y écouter les courtes
proses de Beckett lues par Michael Lonsdale qui, telles que les oeuvres
de Robert Ryman ou Geneviève Asse exposées dans le
même espace, évoquent rigueur, pureté, économie
de la forme.
Le
parcours s'achève sur l'oeuvre au crayon de Claudio Parmiggiani,
Silenzio, et sur une archive sonore inédite: la voix de Beckett
lisant Lessness. |