Tu as dit: « Ce qui m’intéresse,
c’est la justesse dans mon travail ». Qu’entends-tu
par justesse ?
Tout ce que l’on dit n’est pas vrai…La justesse…La
justesse se passe de repère extérieur, à mon avis.
Elle n’est pas fondée sur un étalon qui pourraitéventuellement être
l’idée de perfection, elle n’est pas technique non
plus au sens du chef-d’œuvre. Concrètement, mes travaux
ont toujours des imperfections techniques au sens où des puristes
pourraient l’entendre. Pourtant, ils sont justes ainsi. Cela étant
dit, les mots s’aiguisent souvent entre eux et l’on peut
s’y blesser en les relisant. Je ne cherche pas la fixation, la
capture d’un sens très précis, parce qu’à travers
l’émotion, des mouvements existent… Je m’adresse
au yeux, aux sens, en circulant d’une technique à l’autre,
en mixant des ingrédients divers ; je parlerai plutôt
d’une recette qui s’invente de jour en jour. Chacun, je
l’espère, essaie de faire quelque chose à son échelle,
de beau et de bon, c’est mon cas. Ensuite, l’exposition
est un moment de partage, de confrontations, de rencontres…
Extrait d'un entretien de Didier Bessières avec Mathilde Beytout.
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