Le travail de Yto Barrada — photographies
et vidéos — exprime sa double appartenance culturelle — marocaine
et française —, et pose la question du "passage" entre
le Sud et le Nord, le Maghreb et l'Europe.
"Au travers d'une série d'images qui soulignent la tension,
si continûment palpable dans ma ville, entre la dimension allégorique
et la réalité brute, immédiate, je tente de
mettre en lumière la nature métonymique du Détroit.
Dans mes photographie, j'essaie d'exorciser la violence du départ
(des autres) tout en vivant l'expérience, qui n'est pas dépourvue
de violence, du retour (à la maison). Il y a peut-être
un rapport entre cette expérience très personnelle
et la situation d'une population qui cherche à partir du pays,
qui n'y a pas trouvé sa place. L'étrangeté qui
en résulte reflète une fausse familiarité. Je
cherche à saisir des tentations et non pas, à la façon
d'un reportage, de véritables tentatives. Ici point de passants
innocents, de simples flâneurs. Plutôt que la nostalgie
d'une ville ghetto internationale, je voudrais montrer comment s'inscrit
cette obstination du départ qui marque un peuple."
Yto Barrada, Le détroit ou une vie pleine
de trous (1998-2004)
Cette année, Yto Barrada est lauréate de la Ellen
Auerbach Scholarship, prix attribué par l'Académie
des Arts de Berlin.
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