Le
musée de la Halle Saint-Pierre, lieu
de création et diffusion artistique contemporaine dédié à l’art
brut et à l’art singulier, présentera à partir
de mars prochain l’exposition « Esprit de la forêt » regroupant
des artistes dont les travaux s’inspirent directement ou symboliquement
de cet espace propice aux imaginaires. Ce projet a reçu le
label du festival francophone en France 2006 FRANCOFFONIES et sera
l'occasion d'une collaboration européenne, notamment avec
ITE - Finnish Contemporary Folk Art.
Les artistes
Mario del Curto
(Suisse) - Richard Greaves, Leonce Durrett, Charles Lacombe, Roger
Ouelette (Canada) photographiés par Mario del
Curto - Pascal Margot (Suisse) - Ulrich Bleiker (Suisse), Jakob Müller
(Suisse) - Milan Stanisavljevic (Serbie) - Jephan de Villiers (France
et Belgique) - Art populaire (Suisse) - Jean Rosset (France) - Frantisek
Sulc (République tchèque) - Martti Hömpi, Erkki
Pekkarinen, Aune Kinnunen (Finlande)
Le propos
L’exposition « Esprit de la Forêt » s'articulera
notamment autour du travail photographique de Mario del Curto avec
environ 80 photographies grands formats. Mario del Curto photographie
depuis plus de vingt ans à travers le monde les auteurs d'art
brut. Il a rapporté de ses pérégrinations un
extraordinaire témoignage sur les créateurs hors-normes,
personnages solitaires, excentriques ou visionnaires, dont les œuvres
donnent à pressentir les racines de la création. Tout
naturellement il s’est intéressé aux diverses
formes de l’art singulier et populaire qui portent la trace
d’une pensée mythique, demeurée non domestiquée
et naturelle.
Si
les mythes sont faits pour que l’imagination
les anime (Albert Camus), l’exposition « Esprit de la
Forêt » rend manifeste cette affirmation. La série
de photographies oeuvre comme une forêt de symboles, auxquelles
font écho des totems pensants, des animaux fantastiques, des
créatures énigmatiques, tout un imaginaire où les
artistes ont manifesté leur perception d'un monde parallèle
et clandestin.
Un ensemble de
témoignages photographiques, de sculptures,
d’assemblages ou d’installations attestent du mystère
ambivalent de la forêt : à la fois incarnation de la
nature à l’état sauvage, espace de l’épreuve
initiatique de l’homme confronté aux puissantes manifestations
de la nature et, par son obscurité et son enracinement profond,
lieu de rencontre avec soi-même.
Les oeuvres
Les photographies
de Mario del Curto ont fixé la mémoire
d’architectures singulières qui appartiennent « corps
et âme » à leur nature environnante. Constructions
accueillantes mais inhabitables, souvent disloquées et labyrinthiques,
stables mais déstabilisantes, elles s’apparentent à des
maisons primitives sans fonction, ni utilité. Un magnifique
exemple d’une telle créativité est représenté par
l’œuvre du canadien Richard Greaves qui se consacre à l'élaboration
d'un vaste environnement architectural situé en forêt
de Beauce au Québec. L'œuvre, en constante expansion,
est composée de sculptures faites d'une multitude d'objets
glanés au rebut, et de constructions — une vingtaine
de cabanes et d'abris — réalisées à partir
de granges abandonnées qu'il a démembrées et
rapatriées sur son site.
Si l’esprit de la forêt se manifeste encore dans la survivance
de pratiques rituelles, comme les processions des Sylvesterklause
liées au culte des ancêtres dans la région d’Appenzell,
c’est dans les métamorphoses artistiques des cosmogonies
forestières qu’il est appelé à survivre.
Les artistes présentés dans l’exposition ont
chacun élaboré une géographie et une histoire
personnelle de la forêt et ont fait un usage particulier de
ses matériaux. Dans les énormes troncs de chêne
noir sillonnés de profondes fissures, Milan Stanisavljevic
puise la force magique de ses imposants oiseaux mythiques et sataniques.
D’autres artistes, proches de la tradition
populaire, interrogent leur rapport à la nature encore si
prégnante dans leur histoire collective. C’est le cas
des artistes finlandais Martti Hömpi, Erkki Pekkarinen, Veijo
Rönkkönen ou Aune Kinnunen dont les personnages et les
animaux en bois ou en ciment semblent veiller sur une lisière
invisible dans une nécessité absolue de garder le contact
avec un monde originel. Sensibilité primitive qui appelle
nécessairement une vision opposée, celle contenue dans
le raffinement de l’œuvre de Jephan de Villiers.
Au bord de la forêt de Soignes près de Bruxelles, où il
découvre chênes, hêtres et marronniers, Jephan
de Villiers entame son voyage en Arbonie, forêt imaginaire
où prend naissance le petit peuple muet des créatures
qu’il met en scène dans ses émouvantes installations
rituelles.
Commissaires de l’exposition
Martine Lusardy, Directrice de la Halle Saint Pierre
Commissaire invité : Mario del Curto, artiste, Suisse
Partenaires
France : Mairie de Paris
Finlande : ITE – Contemporary Folk Art Museum - Folk Arts Centre
Kaustinen
Suisse : Pro Helvetia
FIP
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