vernissage
le jeudi 2 mars 2006 au Frac Limousin à partir de 18h
Les spectateurs fidèles de nos expositions connaissent bien
Alain Séchas et ont déjà vu ses œuvres
régulièrement, car le Frac Limousin en possède
quatre.
La très belle sculpture réfléchissante Les
Chromes, 1987, Les petits films d’animation, 1995, et Les petites
découpes, 1993, correspondent à une période
de recherche tous azimuts à partir du dessin et des manières
de dessiner (par découpage, assemblage d’objets et de
matières, avec la lumière, sur la table lumineuse et
dans l’espace à trois dimensions, voire en mouvement
par la musique, la vidéo ou de savants mécanismes).
Dans une période plus récente, l’artiste a développé un
langage spécifique à partir de personnages, le plus
célèbre étant le chat, dont Le David, 1998.
Sous tous les angles et avec une recherche d’impact et d’énergie
permanente, Séchas a mis ses chats dans des situations plus
ou moins drôles, embarrassantes, en tout cas toujours extrêmement
condensées. Mais, dans le « bestiaire » de l’artiste,
on trouve aussi des fantômes et une pieuvre, une araignée,
un cochon, des martiens, etc.
L’œuvre de Séchas se décline sur de multiples
supports, jusqu’à des sculptures animées monumentales
(les fleurs carnivores, le professeur suicide, Jurassic Pork,…)
pour capter notre attention et nous mettre sous les yeux, souvent
de manière caustique et grinçante, l’absurdité de
nos comportements.
Pour son exposition personnelle à Limoges, l’artiste
a choisi de rassembler un ensemble d’une douzaine de tableaux
de néons réalisés ces dix dernières années
qui sont présentés individuellement dans chacune des
salles voûtées des Coopérateurs. Chaque œuvre
utilise la capacité singulière de cette technique de
transposition du dessin en écriture de lumière colorée
et fonctionne selon un rythme souvent binaire, par pulsation ou clignotement,
ou parfois de manière encore plus sophistiquée, et
donne au dessin une énergie, une aura et un véritable
pouvoir de stupéfaction. En s’appropriant ainsi l’art
de l’enseigne et de la publicité, Séchas trouve
l’impact maximum pour ses dessins.
Dans cette exposition, on retrouvera ainsi une version
très
aguicheuse de Maryline, un magicien méthodique, un volatile
un peu stupide battant péniblement des ailes, un diable plutôt
sympathique, une scène torride de French Cancan, parmi d’autres
saynètes très rythmées, souvent très
drôles, en tout cas toujours surprenantes.
Autre point fort de l’exposition, la présence régulière
et intermittente d’étonnants visiteurs dans les salles.
En effet, l’artiste a également souhaité re-présenter,
en l’adaptant aux espaces du Frac, une sculpture dynamique
et musicale. Trois personnages hiératiques, sculptés
et peints, véritables dessins en trois dimensions, circulent
lentement dans les salles nimbées de lumière colorée,
au son lancinant de Morton Feldmann, le maître du son pur
sans vibration.
Ici, la musique sert de fil conducteur à la déambulation
de ces personnages qui circulent de salle en salle, de clignotements
de lumière en pulsation colorée, qui nous précèdent,
nous accompagnent ou nous poursuivent, dans ce parcours insomniaque
où les rêves les plus farfelus voisinent avec les visions
de cauchemar les plus ignobles.
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