La
Fondation Cartier pour l’art contemporain
présente,
pour la première fois en Europe, une large sélection
de peintures et de posters de
l’artiste japonais Tadanori Yokoo. Véritable figure d’avantgarde
du design graphique dans les années 1960-1970,
Tadanori Yokoo a rapidement acquis une reconnaissance
internationale à travers ses affiches et ses illustrations.
Créateur d’une véritable imagerie pop où se
croisent, sur
fond de soleil levant et de vagues à la Hokusai, une geisha,
des pin up blondes ou des angelots baroques, il révèle
mieux que personne la culture japonaise de l’après-guerre.
La peinture devient par la suite son mode d’expression
privilégié, prolongeant et explorant les grands thèmes
de
son oeuvre graphique – la vie, la mort, le sexe.
Tadanori Yokoo (né en 1936 dans la Préfecture de Hyogo,
Japon) commence sa carrière dans le monde de
la publicité et de l’illustration. Il est vite reconnu
par des personnalités comme l’écrivain Yukio Mishima
ou le
créateur Issey Miyake avec qui il entame d’étroites
et longues collaborations. Jouant de styles d’époques
différentes, Tadanori Yokoo développe un langage singulier,
s’appropriant tout autant des éléments graphiques
classiques de la culture japonaise que des références
occidentales (Marilyn Monroe ou les Beatles). L’artiste
copie, duplique et multiplie ses motifs, créant une imagerie
de
combinaison et d’accumulation d’une extrême diversité.
Il construit
ainsi un univers personnel, basé sur la répétition
et l’emprunt, citant
aussi bien l’art oriental et occidental que ses propres compositions.
Dès le début des années 1980, la peinture devient
le support par
lequel il exprime avec force et radicalité cet univers fictif
extraordinaire.À
travers des sujets issus d’une mémoire personnelle et
collective,
elle explore des thèmes tels que la mort, la vie, la société,
le sexe
ou la religion, en une profusion de motifs. Sur fond de ciel étoilé,
volcans, pyramides et paysages urbains inachevés sont déconstruits,
isolés ou accompagnés de leur reflet, et associés à un
surgissement
désordonné d’objets et de sujets aussi inattendus
qu’un crâne, une
soucoupe volante, un lion ou un train à vapeur. Chaque élément
ne
trouve sa place dans la composition qu’à travers les associations
mentales qu’il entretient avec les autres, obéissant à la
seule subjectivité de l’artiste. Pour Tadanori Yokoo,
la mémoire est un collage d’expériences visuelles,
le produit d’instants vécus, et non un territoire vierge.
Dépassant volontairement la frontière entre la vie et
l’art, il rejoint
ainsi la conception des artistes dadaïstes et surréalistes
ou celle de
ses contemporains américains Andy Warhol et Robert Rauschenberg.
L’exposition à la Fondation Cartier présentera
une large sélection de
peintures de la série rouge réalisée depuis les
années 1990. L’unité stylistique procurée
par la couleur dominante trouve un certain nombre de variations à travers la multiplicité des thèmes
abordés
comme la mort et la spiritualité, l’enfance ou la ville.
Ces thématiques
seront explorées et mises en rapport avec une sélection
d’autres
oeuvres comme la série, plus ironique, des Pink Girls (datant
des
années 1960) ou celle des Y Junctions (réalisée
entre 2000 et
2002) ainsi que d’un choix de posters vintage, illustrations
et livres,
témoignant ainsi de la diversité de son travail de création.
L’exposition Tadanori Yokoo est organisée
avec le soutien
de la Fondation Cartier pour l’art contemporain, placée
sous l’égide de la Fondation de France,
et avec le parrainage de la Société Cartier. |