Exposition ouverte du mardi au
samedi de 14h à 19h
Entrée libre et gratuite
Fermeture exceptionnelle les 22 et 23 mai
«
Portails, grilles et autres images modernes » est le fruit
d’une double résidence de Thomas Bernardet dans les
quartiers de Borderouge - Place Nord et des Izards, secteur d’implantation
du bbb. Borderouge ? une des plus importantes opération d’urbanisme à Toulouse
; une ZAC (Zone d'Aménagement Concerté ) développant
sur d’anciens terrains maraîchers un programme HQE (Haute
Qualité Environnementale). Les Izards, identifiés Zone
Urbaine Sensible, sont organisés en habitats pavillonnaires
et collectifs plus anciens. Résidence de médiation
et de création, deux expositions rendent compte de cette expérience
: présentation des œuvres de l’artiste au bbb et
présentation des projets réalisés avec les enfants à la
galerie Renan, pour des correspondances sur une même thématique –et
des procédures de travail similaires-, l’appropriation
d’un proche territoire pouvant présenter des frontières
invisibles.
Territoire géographique d’abord. Espace physique à investir
par la marche, première manière de « pratiquer » l’espace « habité » ;
traverser des endroits « banals », non investis dans
le quotidien des urbains de passage et des habitants. Se déplacer
dans la ville, matériau, signe et constituant de notre humanité moderne, « marqueur » de
l’organisation sociale collective et individuelle. La marche
déjà comme acte artistique, attitude induisant une
manière de voir, penser, produire ; la marche comme action
première organisant un territoire symbolique, politique et
mental.
Le projet artistique mené à Borderouge est mis en
abîme par Thomas Bernardet, au regard de travaux personnels
plus anciens et par l’invitation faite à l’artiste
Camille Fallet. « Portails, grilles et autres images modernes » est
un projet à deux voix nourri d’allers-retours. Entre
les prises de vue et le projet d’exposition. Dans les corpus
d’œuvres des deux artistes. Entre Toulouse-Nord et les
bâtiments vernaculaires d’autres extensions urbaines
et périphériques. Aller-retour enfin entre l’espace
de l’exposition et l’espace public.
Au prétexte des déambulations urbaines des deux artistes,
l’œil de la caméra enregistre des informations
sur un mode documentaire et factuel : accumulation des images sous
une forme séquencielle ; inventaire d’ « objets » ou « ready
made » visuels, pour un road movie se jouant des stéréotypes
et de la banalité des motifs extraits du réel.
Le regard « à retardement » sur ces images, à distance
(dans le temps, dans l’espace) permet aux artistes de leur
donner une qualité, qui prendrait forme et sens dans l’organisation
des espaces de l’exposition. Photographies et vidéos
sont données à voir comme un ensemble ; une installation
dans laquelle le spectateur qui la pratique serait un promeneur déplacé dans
des espaces étrangers les uns aux autres rassemblés
pour l’exposition, entre Borderouge, Espagne et Angleterre.
Cécile Poblo
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