J’ai fait de nouvelles découvertes
qui me font entrer davantage dans l’espace même du sujet.
J’utilise la matière du paysage pour peindre le paysage.
Je découvre l’origine du matériau
pictural, la source naturelle de la couleur. Mais la peinture est faite
de peinture et aussi de
pensée. Et la forme de la matière n’est pas forcément
la même que celle de la pensée. Pourtant
elle la véhicule. Courbet, dans ses peintures de forêt
où brame le cerf – c’est autre chose qui
brame que l’animal cerf, c’est l’Homme qui se débat
pour vivre et être humain, dans cette
société hypocrite et méchante. C’est, dans
la forêt la peur de l’Homme matérialisée,
transpirante et pourtant à travers les branches transperce la
lumière s’incrustant dans le corps
sombre de la mort. Nous avons les pieds dans le sang, notre sang et
le sang de l’autre – je
voudrais peindre avec le sang également. Mais c’est aussi
beaucoup plus abstrait, moins
lyrique et poétique. C’est la forme du travail, de la
construction d’un monde intellectuel et
spirituel, comme Malevitch – la peinture comme une immense forêt.
Florence Louise
Petetin |