C’est sous le nom de « Fragments d'aperçus » que
La galerie “On dirait la mer” présente, du 20
mai au 20 juin 2009 au centredesignmarseille, une série d’oeuvres
du peintre marseillais Agnès Canu. Architecte dplg de formation
et passionnée de dessin et de peinture depuis l’enfance,
celle-ci n’en est pourtant qu’à sa première
exposition.
Ayant souvent centré son travail sur le rendu du mouvement,
c’est cependant une toute autre vie que l’artiste nous
dévoile ici, sinon une « naissance», en nous livrant,
au gré des instantanés du voyage, un Maroc essentiel à sa
sensibilité, et fondamental pour conditionner ce qu’elle
aime : une peinture de l’inachevé, une esthétique
de l’instant.
Si les peintres n’ont pas les yeux de tout le monde, Agnès
Canu, n’a certainement ceux de personne. Surtout lorsqu’elle
entreprend de parcourir le Maroc, pays d’enfance de sa mère,
Maghreb mille fois raconté et, qu’ouvrant les yeux, elle
découvre qu’ici, peindre, dessiner, c’est retrouver,
ou tout simplement «re-naître». Comme si tout ce
qu’elle savait de son art, la couleur mais surtout le trait,
avaient dans les scènes de ce pays leur terre d’exercice
et d’élection. Et déjà ce traité au
charme d’esquisse qui la caractérise tant. Cette manière
bien à elle où, dans le tableau achevé comme dans
le croquis, l'huile aux transparences d’aquarelle, ne recouvre
jamais le dessin, laisse affleurer les coups de crayon. Tels d’indispensables
signes, aussi détenteurs de la vérité que le reste,
et participant à l’effet attendu, désiré :
faire entrer la vie, la lumière, le mouvement et presque les
odeurs, les rumeurs ou le vent. Si bien que spectateur de cette série
de tableaux, la jubilation est intense. Grands format ou pages de carnet,
on goûte à la virtuosité de cette activité nomade
que peut être le dessin. On naît au plaisir de renouer
avec l’essence du voyage, l’émotion fugace, la scène
entrevue, la vie saisie au bond. En clair, un Maroc à aimer, à emporter
si on le peut, mais que l’on gardera très longtemps en
soi.
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