Project
room : «plot point»
NICOLAS PROVOST
Le travail de Nicolas Provost (1969) se partage entre
le cinéma
de fiction et les arts plastiques, le grotesque et l’émouvant,
le beau et le cruel. Ses vidéos sont nourries du cinéma
contemporain comme d’obscures séries B. Ses films Papillon
d’amour, Bataille, Oh Dear, Exoticore ont été récompensés à Sundance,
San Francisco, Clermont-Ferrand ou Séoul.
Dans Plot Point (que l’on pourrait traduire par «rebondissement
de l’action»), court-métrage présenté dans
sa version installation, on entre dans le monde bien connu des films
policiers américains avec ses voitures aux sirènes
hurlantes, ses uniformes, ses ambulances et ses rues bondées.
Les plans se succèdent, la scène se met en place et
les lieux se changent en un parfait décor. Par un très
habile montage et une alternance d’extérieurs et de
plans en studios, le film questionne les limites de la réalité et
de la fiction, mais également les codes narratifs du cinéma,
jouant avec nos attentes et laissant le mystère entier.
Nicolas Provost, cinéaste et artiste, vit et travaille à Bruxelles.
Son travail est une réflexion sur la grammaire du film et
la relation entre les arts visuels et l’expérience du
cinéma. Il s’apprête à tourner son premier
long-métrage. Une présentation de ses films, dont Plot
Point, aura lieu en sa présence à l’auditorium
des musées le 17 juin.
Project
room : «Phone Portrait» /
«
Phone Stri» Stephen Dwoskin
Né en 1939 aux États-Unis, Stephen Dwoskin se fait
connaître au début des années 1960 par une série
de court-métrages underground. En 1964, il reçoit une
bourse et s’installe définitivement en Angleterre. Parmi
des dizaines de films : Dyn Amo (1972), Shadows from Light (1983),
ou Pain Is (1997), un documentaire sur différentes expériences
et expressions de la souffrance. Atteint de polio à l’âge
de neuf ans, « intoxiqué » par une maladie pulmonaire,
Dwoskin n’a jamais hésité à se mettre
en scène avec souvent un humour rageur. Aujourd’hui
que son espace de tournage s’est réduit à sa
maison de Brixton, il invente des fictions sans dialogue, dans lesquelles
il interroge sa position de voyeur immobile. Avec Phone Portrait
et Phone Strip, Dwoskin revient par le biais du téléphone
portable aux sources de son cinéma, avec cette façon
unique d’interroger la relation qui se joue entre filmeur,
filmé et spectateur.
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