Sunset est une installation monumentale
d'Andro Wekua conçue spécifiquement pour la Rue du
Magasin, qui consiste en un assemblage de 170 carreaux de céramique.
Son motif est réalisé à partir
d'un dessin de l'artiste, grossi 600 fois et sérigraphié sur
la surface des carreaux. L'image du coucher
de soleil comme tonalité parfaite s'y érige en une façade,
portée et soutenue par une structure en métal.
I Love the Horizon est une exposition collective, proposition d'Andro
Wekua avec le concours de
Daniel Baumann. Avec des oeuvres de Rita Ackermann, Ketuta Alexi-Meskhishvili,
Luis Buñuel, Xavier
de Maria y Campos, Trisha Donnelly, Jannis Jaschke, Mikheil Kalatozishvili,
Martin Kippenberger, Emil
Michael Klein, Oliver Laric, Nick Mauss, Sergej Paradjanov, Ewa Partum,
Steven Parrino, Seth Price,
Richard Prince, Yves Saint-Laurent, Piotr Uklanski et des textes de
Anna Moschovakis, Anne Sexton,
Marina Tsvetaeva, Derek Walcott et Adam Zagajewski.
Le coucher de soleil et l'horizon renvoient à des idées
communes d'éternité, d'introversion, de beauté,
mais également au vécu de chacun, à une expérience
faite à de multiples reprises. Ils sont – comme
l'art – un théâtre et une scène où nous,
le public, projetons notre nostalgie, nos concepts et
enthousiasmes, qu'ils absorbent comme des trous noirs. On en perdrait
du fait tout entendement, toute
forme de capacité à raisonner. L'art nous ouvre de nouveaux
horizons, et nous amène (comme l'esprit) à
des espaces de mélancolie, de connaissance et d'émancipation.
I Love the Horizon leur est dédié.
En 1972, l'artiste polonaise Ewa Partum ensablait une feuille de papier
avec la phrase « New Horizon is
a Wave ». Dans ses films, Poems by Ewa (1972), on la voit jeter
des lettres en papier dans la mer et
dans un ravin, pour y dissoudre la langue (des hommes). L'exposition
I Love the Horizon se termine
dans les montagnes et dans la vie, au delà du coucher de soleil
et de l'horizon, dans deux
documentaires sur la rudesse de la vie dans l'isolement de la montagne,
en Espagne et en Géorgie
avec les films Las Hurdes (1932) de Luis Buñuel et Salt for
Svanetia (1929) du réalisateur géorgien
Mikheil Kalatozishvili.
A leur suite vient un espace rassemblant des images de Rita Ackermann,
Xavier de Maria y Campos,
Jannis Jaschke, Martin Kippenberger, Emil Michael Klein, Nick Mauss,
Sergej Paradjanov, Richard
Prince et Yves Saint-Laurent. Il est dédié au temps :
Martin Kippenberger parachève les portraits de
Jacqueline Picasso, Rita Ackermann pose des masques sur le temps, Xavier
Maria y Campos l'allonge
en prenant sa femme comme modèle de ses photographies pendant
des années, Yves Saint-Laurent et
Sergej Paradjanov le conjurent par l'amitié, et Richard Prince
le multiplie avec des photos
photographiées.
Auparavant, des textes de Anna Moschovakis, Anne Sexton, Marina Tsvetaeva,
Derek Walcott et Adam
Zagajewski et une projection de Trisha Donnelly sont présentés
dans un autre espace. Cette salle
d'exposition est dévolue à la poésie, consciente
de son insuffisance en regard de l'importance de
l'espace.
Dans la plus grande salle enfin, l'abstraction fait son entrée,
avec pour dessein un endroit prometteur
d'autonomie, de vide ; à l'image d'une salle blanche, avec des
oeuvres de Ketuta Alexi-Meskhishvili,
Steven Parrino, Seth Price, Piotr Uklanski.
Au tout début, l'exposition commence avec le 50 50 d'Olivier
Laric. Il s'agit de films trouvés sur youtube
de fans de 50 Cent, qui chantent sa chanson In Da Club. A partir de
séquences isolées, Laric a monté un nouveau tube, qui chante le choeur d'une communauté globale,
pour porter le visiteur de l'exposition
vers d'autres horizons de pensée.
|