Artiste résident en France depuis une dizaine
d’années, Rafaël Grassi-Hidalgo développe
une oeuvre polymorphe qui se décline sur plusieurs médiums.
La peinture principalement, mais aussi le dessin ou la photographie,
font partie des moyens avec lesquels cet artiste conçoit et
réalise ses oeuvres. Les peintures présentées à L’attrapecouleurs,
sous le titre de "Love me two times ", sont issues d’un
travail qui a son origine dans des images photographiques retouchées à l’ordinateur.
L’informatique a été utilisée ici comme
un outil capable de porter atteinte à l’image, la vidant
dans une certaine mesure de son caractère référentiel
sans pour autant annuler complètement sa capacité représentative.
Ruptures, glissements, répétitions…sont autant
de stratégies avec lesquelles l’image est éloignée
de sa littéralité pour mieux être située
dans une zone où les ambiguïtés multiplient les
lectures, tout en renforçant leur puissance plastique. Une
fois "redéfinies, chacune de ces images numériques
dévient en quelque sorte une partition plastique qui peut être
interprétée plusieurs fois, de façon pas nécessairement
identique, avec des moyens picturaux. Dans "Love me two times" le
public trouvera donc un ensemble de peintures organisées,
en résonance avec le lieu, sur le mode du double et du répétitif.
« Les tableaux, les dessins de Rafaël Grassi-Hidalgo,
s’amusent des jeux libres, sensuels et nuageux, de chevelures
hachurées, griffant à l’occasion une peau de
peinture acidulée. Ils entremêlent des sections de trames
graphiques, des structures fractales, des équations d’alphabet
qui, dans l’énigme d’un mot, cimente l’ordonnance
de figures affolées. L’ampleur poétique, la précision
du geste peint ou dessiné, les renvois à l’architecture
d’intérieur, au paysage mental, à l’organique,
au minéral, au végétal, parlent de l’essentiel
de la vie dans la vie des couleurs, des formes et des traits qu’elle
caresse. »
Frédéric Bouglé, extrait du texte "Peinture
pataphysique aux couleurs si fraîches", publié dans
le catalogue de l’exposition "De l’art de tuer le
temps", Montluçon, Décembre 2007.
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