Evidemment la peinture n'est pas
morte. Par contre il est évident que l'aventure de l'art du XXème siècle
est close,
sa revendication de totale autonomie aussi bien formelle que représentative.
Bon vent aux nouveaux peintres du XXIème siècle.
En ce temps de béatification d'une Figuration Narrative, depuis
longtemps enterrée vivante et maintenant promise à la
momification de l'histoire de l'art, qu'attendre d'une tardive redécouverte
de la peinture d'Emanuel Proweller ? La nouvelle figuration au début
des années 60 n'a eu à s'imposer que face à la
dictature moribonde d'une abstraction officielle. La notion même
de peinture m'était nullement contestés. Et les peintres étaient
bien conscients de ceci : si la peinture dite abstraite peut ou doit
se passer du mécanisme (de l'esprit) de l'abstraction, à moins
de sombrer dans la mièvrerie, la nullité.
A lui tout seul, ou presque, Proweller personnifie cette analyse. La
bienveillance de son regard porté sur le spectacle anecdotique
de la banlieue pavillonnaire : le chien dans la cour, les poules du
poulailler, les tulipes dans le vase, les silhouettes de son père,
de son épouse, ne donne pas lieu à des épanchements émotifs
mais à la construction rigoureuse d'un petit monde contenu dans
le grand monde dont il semble revenu. Petit monde originel où le
chien est bleu, les jardins potagers barrés de rouge et de vert,
les femmes nues jaune citron agrémentées d'un bras orange
et d'un sein mauve, résultats indéniables d'une observation
attendue. Inutile de faire appel aux provocations du fauvisme, aux
fantaisies du surréalisme ou à quelque pauvre souci décoratif.
C'est comme ça. Et ça marche.
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