Alors que toute image pourrait
relever du portrait en ce sens qu'elle tire, qu'elle extrait quelque
chose, Lee Bae lui,
a d'abord travaillé avec le charbon de bois à l'état
brut pour à présent l'incorporer à sa peinture
et la figer dans cet instant, non dans celui où elle excède
la toile mais plutôt dans celui de l'avant : l'avant de son
absorption par sa surface. Cette suspension est celle de la dynamique
: d'abord du trait de l'image, son tracé, sa forme, et aussi
sa force (intime). Alors l'image ne représente pas cette force
: elle en est la présence. Une présence du sacré,
non celui du religieux ce qui n'est pas à confondre, mais
bien celui de la séparation de la surface : celle peinte et
celle à peindre. L'identité de l'image, son rapport à l'intériorité et à l'extériorité est
ici questionné : est-elle ici (là), ou bien ailleurs
(l'au) ?
Jean-Baptiste
Touja
|