Chen Chieh-jen (Taiwan, 1960) est
l’un des
artistes les plus importants apparus ces dernières années
sur la scène artistique asiatique.
Le travail de Chen a été sélectionné dans
des biennales très réputées, comme Sao Paulo
en 1998, Venise en 1999 et 2005, Kwangju en 2000, Shangaï en
2004, Liverpool et Sydney en 2006 et Istanbul en 2007. Récemment,
the Asian Society et le Musée de New York ont organisé une
rétrospective de son art vidéo. Le Reina Sofia Museum
a présenté Military Court and Prison, 2007-2008 du
4 mars au 12 mai 2008, en parallèle de l’exposition à la
Galerie.
Son œuvre offre une réflexion critique sur les stratégies
de pouvoir, et enracine l’histoire récente de son pays
pour garder en mémoire certains épisodes révélant
les mécanismes de contrôle, de violence, d’envoutement
et d’aliénation. En parallèle, elle utilise des
langages visuels pour explorer les relations complexes existant entre
images et pouvoir.
Military Court and Prison (2007-2008) se compose
de deux vidéos
; la première dure environ une heure, la seconde, presque
cinq minutes. La première, plus personnelle, est en lien avec
les mémoires de Chen sur la prison et la court militaire qui
se trouvent à côté de la maison de sa famille
dans la région de Taipei. La deuxième présente
la version officielle fournie par le gouvernement au sujet des années
de la dictature et de la loi martiale à Taiwan. Il s’agit
de son premier travail sonore. Il se distingue fortement de ses précédentes œuvres
réalisées au ralenti et dans le silence, deux techniques
caractéristiques de son travail. Le personnage principal est
un dissident politique qui a été enfermé longtemps
auparavant dans cette prison, symbole de l’oubli que l’on
est tous susceptible de connaître: il est un fantôme.
Les acteurs qui se déplacent de façon circulaire, sous
l’objectif d’une caméra de surveillance sont des
travailleurs intérimaires, un travailleur social des hôpitaux
de la Chine continentale, des miséreux, ou des activistes
sociaux. Ils représentent tous la société taïwanaise
contemporaine. Mais comme le suggère Chen, les individus présentés
dans cette vidéo pourraient venir de n’importe quel
autre endroit du monde. Les internés des prisons politiques
représentent le passé ; mais les autres sont des prisonniers
du monde actuel, contraints d’abord par la nature temporaire
de leur travail ou par le simple fait d’être étranger.
Tous vivent dans les mêmes endroits décrépits.
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