Dans la cadre du programme "Inventer le Présent" et
de la candidature Toulouse 2013.
A l’épreuve des mutations et des métamorphoses
qu’elle a elle-même provoquées, notre époque
contemporaine s’est obligée à réinventer
le futur qu’elle s’était préparé.
Donc le présent. Plus que jamais en ce début de XXIe
siècle, l’humanité est face au défi de
reconsidérer son rapport à l’univers, à la
planète, à l’autre, à la technologie, à la
nature, au politique, à la ville, et même à l’art.
Confrontés à ce vaste programme ne devons nous pas,
sans plus tarder, pratiquer de nouveaux imaginaires ?. Considéré sous
l’angle de l’inventivité de la créativité ou
de la recherche, l’art contemporain représente alors
sans doute un potentiel inexploité.
C’est dans ces perspectives que s’inscrit le projet
NéoFutur des Abattoirs à Toulouse. Des perspectives
résolument projectives et prospectives qui doivent risquer
et formuler de nouvelles configurations en replaçant l’art
et la dimension de l’imaginaire comme des principes de réalité au
cœur des débats et des enjeux actuels.
De plus en plus, artistes exposent, révèlent et répondent à cette
situation assez sensible. En particulier ceux qui débordent
les limites convenues de l’art et de l’esthétique.
Ceux-là même qui construisent leurs pratiques et leurs œuvres
dans des articulations nouvelles entre les divers champs de la connaissance
et de l’action.
Les artistes invités à participer au projet NéoFutur
ont en commun une conscience aigue de cette dynamique qu’ils
mettent déjà en œuvre. Une dynamique qui passe
par l’interaction renouvelée, réinventée,
entre l’art et les sciences, la philosophie, la poésie,
le politique, le sociétal, l’écologie, l’urbanisme
et surtout, nos architectures mentales.
Sans céder ni au catastrophisme ni à un positivisme
forcé, ils peuvent être assez critiques, voire caustiques
tout en nous projetant dans d’autres dimensions temporelles
et spatiales. Et ceci jusqu’à nous faire sentir, et
même toucher du doigt, cette nouvelle et curieuse équation
entre présent et futur qui est au cœur du projet .
Beaucoup plus physiques que virtuelles, leurs œuvres dessinent
ensemble un monde assez détonnant, à la fois exubérant
et désinhibé. Au-delà des projections fictionnelles,
qu’elle soient ou non utopistes, l’exposition apparaît
alors comme un paysage imaginaire et pourtant bien réel. Comme
une ouverture insoupçonnée sur le futur qui nous attend.
Tout en pointant l’urgence de nouvelles formes d’exploration
de nos propres facultés imaginatives.
Pascal Pique, commissaire de l'exposition.
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