Né en 1936 à Middles Borough (GB).
Il vit et travaille à Windsor au Canada.
Pionnier de l'art conceptuel au Canada et de Formation multidisciplinaire
(psychologie de l'éducation, biologie, philosophie, art, zoologie,etc.,...),
Iain
Baxter& fonde la N.E Thing & Co en 1966 avec sa femme. Cette
compagnie
lui permet d'élaborer une esthétique qui interroge les
structures impliquées dans
la création et la production d'une oeuvre d'art, le système
de l'art et ses
modalités de mise en marché tout comme l'organisation
de la pensée ellemême.
Depuis la dissolution de N.E Thing & Co en 1978, Iain Baxter& questionne
particulièrement le système de consommation et notre
façon d'habiter, de
traiter et de penser le paysage et l'environnement.
A l'occasion de la biennale d'art contemporain, l'artiste produit des
oeuvres
avec l'aide des étudiants en Art de l'école : Marion
Chérot, Julien Duporté,
Fabien Gilles, Morgane Lagache, Elodie Lecuiller, Sarah Lück,
Julien Quentin
et Thomas Tudoux avec la coordination de leur professeur : Thierry
Bloch, et
conjointement il collabore avec les salariés de l'entreprise
Daunat du groupe
Norac sur le thème du sandwich. Ces travaux, ainsi que certaines
de ses
oeuvres historiques issues de la collection du FRAC Bretagne, sont
présentées
Anything ? Méfions-nous de traduction : on dira vite n’importe
quoi. Là où il faudrait
rendre son aspect positif au mot, quelque chose comme : toutes choses.
Si Baxter& a
longtemps, entre 1968 et le milieu des années 70, travaillé sous
la raison sociale de
N.E.Thing Co, (qui s’entend « anything »), c’est
bien parce que l’idée même d’entreprise
permettait d’élargir ad libitum le champ d’action
de l’art, dans l’esprit de devise d’alors :
Art is all over, dans l’irréductible double sens de l’art
est partout et l’art s’est foutu… Toutes choses donc, comme objet de la pratique de ce qu’il est
convenu d’appeler (et
après tout, c’est une désignation commode) un artiste
: toutes choses considérées sans
hiérarchie à priori, transformées, combinées,
ordonnancées par l’esprit du jeu, de
l’usage, du détournement, du déplacement, produisant
une image à la fois insolite et
critique, se donnant comme évidence sans revers et dont le rire
n’est cependant jamais
très éloigné. Avec toutes choses, Baxter& se
voue aux délices de la catachrèse, comme
dit la rhétorique, cette figure qui « répond à un
besoin de nommer en un seul vocable
une réalité nouvelle ou considérée comme
telle (Dupriez) », qui tient d’un déplacement
latéral du sens propre vers un sens figuré.
Toutes choses, certes, mais surtout des plus ordinaires, tirées
du monde de l’usage
quotidien, de la vie sociale, du magasin, de la cuisine, du bureau,
de l’entreprise, du
garage, de l’atelier, du jardin, du paysage, du coin de rue,
du placard…Les objets
donnent des idées.
La nourriture est ainsi un territoire à la fois de circulations
sociales, de satisfactions
intimes, de productions de formes spécifiques, variées.
Depuis la création du restaurant,
l’Eye Scream, à Vancouver en 1977 et régulièrement
ensuite, les matériaux alimentaires
ont une bonne place dans la vie de Baxter, et toujours depuis quelques
années qu’il est
devenu pour l’état civil Mr Baxter& (pour l’oreille « baxterand »).
La gourmandise
personnelle n’est pas négligeable ici, mais compte aussi
la plasticité, la disponibilité,
l’usage tout à la fois privé et commun (tout le
monde mange, mais chacun mange pour
lui, même s’il mange avec les autres), la qualité de
marchandise mais aussi l’origine
naturelle.
Toutes choses donc, dont de comestibles, pour nourrir l’inventivité désinvolte
et habitée
qui affiche d’une éperluette décisive son esprit
de faire « avec » : &, conjonction de
coordination, parce que comme le pain, avec Baxter&, l’art
tient entre autres son intérêt
de ce qu’il se partage.
Christophe Domino, Avril 2008.
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