Un repère vaudou-cannibale, un jean taillé sur
l’entrejambe d’un arbre, un magicien qui manipule plusieurs
millénaires de production humaine en quelques minutes, des
bâtons de cristaux de sel tombés sur la Terre, un minuscule
moteur de pendule, la maison des asticots, un pavillon de chasse
hanté par Guerlain… bienvenue dans LEGENDE : exposition
d’été conçue par Alexis Vaillant pour
le domaine.
Plus d’une centaine d’oeuvres de quarante-sept artistes
sont réunies au château et dans les fabriques (chapelle,
glacière, parc, belvédère) pour l’occasion.
On y découvre notamment une bulle de savon programmée
pour l’éternité, cinq tablettes de chewing-gum
enserrées dans un piercing pour langue, un club de golf pour
amateur, une prêtresse asiatique gantée en lévitation,
une araignée chocolat-fraise, un cygne noir, des sculptures
en couette, une tête de loup-garou cristallisée, la
veste en jean blanc de Ian Curtis, Jack Nicholson au-dessus des coucous
et bien d’autres fulgurances visuelles.
Marquée par l’accélération, notre époque
se trouve plongée dans un présent continu que l’emprise
médiatique impose. En même temps, ce présent
n’existe qu’à travers le futur supposé qu’on
lui prête sans quoi on ne le verrait / sentirait même
pas. La masse d’archives «communicantes» qui en
découle depuis une dizaine d’années est peu exploitable,
l’histoire, la nôtre, serait devenue difficile à écrire.
Nous serions en train de passer du côté de la légende.
C’est sur cette hypothèse, notamment, que repose l’exposition.
Pour ce faire, le château est plongé dans l’obscurité totale.
Les fenêtres sont toutes recouvertes de miroirs. La multiplicité de
points de vue est relayée par des éclairages sur mesure
dont le dispositif est conçu par Yves Godin. Entrer dans le
château c’est en sortir. Ce qui reste visible de l’architecture
intérieure se joue désormais en noir et blanc, les œuvres
seules dirigent l’espace d’exposition. Chaque salle est
introduite par un haïku, forme poétique japonaise la
plus brève au monde.
Les haïkus visuels ainsi créés génèrent
le flottement le plus vaste dans une immédiateté minimale,
un flottement à l’écoute de toutes les formes
de coïncidences. Pourquoi ? Parce que la légende est
partout.
• Artistes
David ALTMEJD, Dan ATTOE, Matthias BITZER, Shannon
BOOL, Ulla von BRANDENBURG, Peter COFFIN, Anne COLLIER, William
DANIELS, Andreas
DOBLER, Michaela EICHWALD, Dee FERRIS, Aurélien FROMENT, Giuseppe
GABELLONE, Ellen GRONEMEYER, Uwe HENNEKEN, Roger HIORNS, Benedikt
HIPP, Karl HOLMQVIST, Dorota JURCZAK, John KLECKNER, Armin KRAMER,
Bernd KRAUSS, Klara KRISTALOVA, Skafte KUHN, Rannva KUNOY, Paul LEE,
Chris LIPOMI, Fabian MARTI, Jason MEADOWS, Alan MICHAEL, Melvin MOTI,
Carter MULL, David MUSGRAVE, MRZYK & MORICEAU, Philip NEWCOMBE,
Olivia PLENDER, Karin RUGGABER, Gedi SIBONY, Matthew SMITH, Tomoaki
SUZUKI, Naoyuki TSUJI, Erika VERZUTTI, Laurent VICENTE, Pae WHITE,
Jordan WOLFSON, Lisa YUSKAVAGE.
> A l'occasion de l'exposition, un catalogue illustré bilingue
français-anglais est publié. Il comprend des textes
de Jean-Philippe Antoine, J.G. Ballard, Craig Buckley, Yoann Gourmel,
Raimundas Malasauskas, Will Holder, Karl Holmqvist, Shimabuku, Alexis
Vaillant, Tris Vonna-Michell.
> Directrice artistique : Judith Quentel
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Commissaire invité : Alexis Vaillant
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Dispositif lumière : Yves Godin
> Bruiteur : Record Makers
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