Le 16 mai 2008, la vie culturelle
rennaise s'enrichit d'un important rendez-vous avec la création artistique : une
biennale d'art contemporain placée sous le signe de la relation
entre l'art et l'entreprise voit le jour grâce à l'initiative
d'un mécène privé, le groupe agroalimentaire
Norac, et au soutien de l'Etat (Ministère de la culture et
de la communication – Délégation aux Arts Plastiques – Direction
Régionale des Affaires Culturelles de Bretagne / au titre
de la commande publique) et des collectivités territoriales
(Ville de Rennes, Rennes Métropole, Conseil Général
d'Ille-et-Vilaine, Conseil Régional de Bretagne), avec le
concours du FRAC Bretagne (Fonds Régional d'art contemporain).
La première édition, intitulée Valeurs croisées,
conçue et réalisée par l'association Art to
be, s'intéresse à la création de valeur : problématique
commune à l'activité de production de l'artiste et à l'activité de
production au sein de l'entreprise.
VALEURS CROISÉES : UNE RENCONTRE ENTRE L'ART
ET L'ENTREPRISE
Valeurs croisées se propose d'explorer les relations entre
l'art et l'entreprise sur le mode de la rencontre, en abordant une
problématique partagée par ces deux champs de production
: la création de valeur par le travail. Toute activité de
production génère de la valeur, mais ce processus est-il
le même dans le champ de l'industrie des biens et des services
et dans le champ de l'art ? Quelles en sont les différences
et les similitudes ? Que se passe-t-il lorsque les producteurs de
ces deux secteurs s'interrogent ensemble sur ce principe, en considérant
les logiques économiques à l'oeuvre dans la société contemporaine
?
DIFFÉRENTS ACTEURS, UN QUESTIONNEMENT COMMUN
En rassemblant des acteurs aux pratiques différentes – artistes,
salariés, entrepreneurs mais aussi philosophes, sociologues, économistes,
critiques d'art et bien entendu le public – autour de ce questionnement
commun, Valeurs croisées entend faire fi des frontières
et élaborer de nouvelles pistes d'interactions. Loin du débat
politique sur la « valeur travail », cette manifestation
met l'accent sur la possibilité d'une rencontre entre des
mondes qui peuvent mutuellement s'apporter afin de réinjecter
du sens dans les rapports économiques au sein du système
capitaliste. Les aspects moteurs de cette rencontre sont abordés,
sans occulter cependant les difficultés et les limites d'un
rapprochement entre des acteurs aux projets somme toute divergents.
La tentative menée ici n'est pas celle de produire un consensus
mais de voir ce que l'artiste peut dans son rapport avec l'entreprise
et ce que l'entreprise peut dans son rapport avec l'artiste. |