Cette double exposition de Joachim
Mogarra au Frac et à la galerie Territoires partagés entre dans
le cadre d’un projet de sensibilisation mené avec l’association
Art’ccessible depuis le mois d’octobre 2006. A l’invitation
du Frac et d’Art’ccessible, Joachim Mogarra a effectué plusieurs
séjours à Marseille au cours desquels il a réalisé quelques-unes
des séries photographiques présentées. Partenaire-relais
du Frac, Art’ccessible accompagne ce projet par la mise en place
d’ateliers à destination des publics jeunes et adultes,
privilégiant ainsi une approche à la fois théorique
et pratique de la démarche de l’artiste.
L’inspiration de Joachim Mogarra naît de son quotidien,
de celui de ses proches, du nôtre. Son univers artistique est
constitué principalement d’objets de consommation des
plus courants, qu’il emploie pour construire de petites mises
en scènes, qu’il photographie.
L’artiste privilégie très vite la photographie
par rapport à la peinture afin de régler une fois pour
toutes les questions techniques et formelles posées par cette
dernière : « Ce qui m’intéresse, c’est
de faire une œuvre sans que la technique et le savoir-faire
entrent en ligne de compte ». La photographie autorise le geste
minimal, permet le plus court chemin de l’idée à sa
réalisation : les éléments de mises en scène
sont bricolés à partir de ce que l’artiste a
sous la main ; les tirages sont de format moyen et réalisés
en noir et blanc, à façon. La simplicité, avant
tout, pour aller à l’essentiel.
Conçues et présentées sous forme de séries,
les photographies peuvent se lire comme autant de romans-photos à forte
dose humoristique, puisant leur source dans la vie même de
leur auteur et dans l’observation amusée et désopilante
du monde. La littérature, la musique, le milieu de l’art,
la vie de tous les jours, la religion, la mode... tout est prétexte à image
et à commentaire : les objets photographiés se voient
agrémentés de rehauts à la gouache, les titres,
manuscrits, se lisent comme les légendes d’histoires
aussi fantastiques que faussement triviales, comme des indices pour
nourrir l’imaginaire. Texte et image sont irrémédiablement
et intimement liés, l’idée du titre précédant
généralement l’image, et quand le texte s’absente
de la photographie, comme pendant les années 1985 - 1999,
c’est pour exister sous une forme éditoriale.
La friction visuelle qu’induit la relation texte-image de
l’objet représenté crée un écart
de sens, un espace de tous les possibles, qui ouvre une brèche à l’imagination,
au souvenir, à la spéculation narrative. Car les objets
ne sont pas là pour traduire une réalité tangible
et (re)connue mais pour permettre d’échafauder chez
celui ou celle qui les regarde autant d’histoires personnelles,
collectives... qu’inviteront à le faire la mémoire
ou le rêve.
Les histoires photographiques présentées dans les
deux espaces d’exposition sous le titre L’art de la figue
(le plaisir du jeu sonore est palpable) s’échelonnent
entre 2003 : L’espace, Le voyage d’Ulysse, Les grandes
théories, La divine comédie... et 2007 avec les séries
créées à Marseille pendant les résidences
de l’artiste : Petite promenade marseillaise, L’histoire
du Hollandais roulant ainsi qu’une série de dessins
inédits, les Tests de Rorschach.
L’art de la figue, c’est aussi un livre de Joachim Mogarra, élaboré en
connivence avec Jean-Pierre Ostende. De cet échange continu
entre les deux auteurs est né Le piège à réalité,
un texte inédit, fruit de discussions de l’écrivain
avec l’artiste, nourri de jeux de correspondances fictionnels,
poétiques et ironiques avec ses photographies.
Joachim
Mogarra est né en Espagne en 1954 ; il vit et travaille à Montpeyroux,
Languedoc-Roussillon.
Une
exposition de Joachim Mogarra se tient également à la
galerie George-Philippe & Nathalie Vallois, Paris du 5 mai au
3 juin 2007.
Le Frac remercie l’artiste, le FNAC et la galerie Georges-Phillipe & Nathalie
Vallois, Paris pour le prêt des œuvres.
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